Régionales 2010

Ma devise

"L’avenir n’est pas donné d’avance. Si tous les futurs ne sont pas possibles, si l’épreuve du réel ne permet pas tous les rêves, le possible ne se déduit pas non plus mécaniquement de la réalité présente. Il est ouvert et multiple, il se crée. A nous de décider ce qu’il doit être sans nous laisser enchaîner aux seules nécessités du présent … 

 

La démocratie ne vit que d’inventer les possibles". 

  

Lionel Jospin

Le fil du temps

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Vendredi 27 novembre 2009

 

 

 

 

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi de catégorie A continue d’augmenter en octobre :  plus 52400 chômeurs, sans que les  mauvaises réformes voulues par Nicolas Sarkozy et ses obligés n'y fassent rien.

 

 

Ce chiffre, qui constitue une augmentation deux fois supérieure à celle de septembre, est en très forte augmentation par rapport aux mois précédents :  plus 21 600 en septembre, plus 18100 en août. Sur un an, cela constitue une hausse de 25% du nombre de demandeurs d’emploi. Quelle preuve irrévocable de l'impuissance de la droite !
 

 

Ce chiffre montre que la France est loin d’être sur la voie de la sortie de crise comme le prétend le gouvernement. Avec une variation du PIB de plus 0,3% au second trimestre, il n’est pas étonnant que le chômage explose. Et ce n'est pas la taxation des indemnités journalières ou le paquet fiscal qui feeraa l'embellie sur le marché du travail.

 

 

Ces chiffres sont, en plus, sous-estimés, car de nombreux chômeurs renoncent à chercher du travail face à la conjoncture. Les radiations pour défaut d’actualisation représentent 42,2% des sorties de Pôle emploi, en hausse de 23,4% octobre rapport à octobre 2008. La détresse et l'exclusion sociale progressent chaque jour.

 

 

Il faut également rappeler que les salariés victimes d’un licenciement économique bénéficiant d’un contrat de transition professionnelle ou d’une convention de reclassement personnalisée n’apparaissent pas dans ces chiffres puisqu’ils sont étrangement considérés comme « stagiaires de la formation professionnelle ».

 

 

Il est temps d’agir avec un plan de relance digne de ce nom qui permette de relancer la consommation, d’aider véritablement les PME victimes de l’étranglement du crédit et de soutenir les collectivités locales dans leurs efforts.

 

 

Pour les chômeurs, il faut prolonger de 6 mois la durée d’indemnisation sur la base de 80 % du salaire ;

 

 

Il faut également étendre les contrats de transition professionnelle à l’ensemble des bassins d’emploi et de porter la durée d’indemnisation à deux ans ;

 

 

Enfin, il faut augmenter le coût des licenciements pour les entreprises qui versent des dividendes ou qui rachètent leurs propres actions.

 

 

Il serait temps que le gouvernement tienne compte de l’échec de sa politique en matière d’emploi. Il est indispensable qu’il apporte, enfin, un véritable soutien à l’emploi, à la  reconversion et aux revenus des chômeurs.

 

 

Par Le socialiste eNGagé - Publié dans : Politique(s) - Communauté : Les blogs socialistes
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Vendredi 27 novembre 2009
 
 

 
 
Frédéric Lefebvre, le porte-flingue ... euh porte-parole de l'UMP, est une des personnalités politiques qui, à mon sens, font du mal à la chose publique par excès de morgue et de démagogie. Il s'est pris hier un gentil retour de flamme via internet.
 
 
L'impétueux suppléant d'André Santini compte beaucoup d'adversaires, et quelques ennemis, qui ont réussi à lui faire la peau sur Twitter et ce d'une manière assez amusante. Rions un peu en reprenant quelques éléments croustillants de la vie d'internaute de Monsieur Lefebvre.
 

 

Frappé par la grace il y a quelques mois, Frédéric Lefebvre ne jurant que par Facebook, et ne semblant pas très motivé par Twitter avait déclaré : "Les minimessages de Twitter, c'est pour faire chic, mais c'est pas là que ça se passe. En revanche, je suis depuis quelques mois sur Facebook. C'était devenu indispensable". Il aurait dû s'en tenir à cette impression car la suite est très drôle.

  
 

 
 

Frédéric Lefebvre a fait ses premiers pas sur la plateforme de micro-blogging il y a très peu de temps, ce mercredi précisément.  Son assistante confirmait hier qu'il s'agissait bien du compte officiel de la voix de la majorité sarkozienne.

 

 

Sans attendre plus qu'il ne fallait, et c'est là que l'on constate la rapidité de mobilisation sur le net, plusieurs centaines d'utilisateurs de Twitter ont dégainé bons mots et piques saillantes pour l'accueillir. Il faut dire qu'entre Frédéric Lefebvre et Internet, les relations n'ont jamais été très tendres, tout comme avec les journalistes.

  

 

La aussi brève que houleuse histoire entre @FLefebvre_UMP et les twitterers (les utilisateurs de Twitter) a commencé mercredi vers 17h00. Oubliés ses propos de mai dernier, pas à une contradiction près, il entendait même soigner son entrée. Ce fut chose faite bien malgré lui et ce pour notre plus grand bonheur !

  

 

Frédéric Lefebvre avait déjà émis maintes protestations infondées lorsque, selon lui, il n'avait pu porter toute la parole de l'UMP à l'Agence France Presse. Chacun peut imaginer la rage qui doit être sienne  aujourd'hui d'être réduit au silence sur Twitter sans qu'il y fut directement pour quoi que ce soit. Mais comment a-t-il été baillonné, vous demandez-vous ?

 

 

Le compte de celui qui été ejecté du Parlement sans ménagement par le débarquement du gouvernement d'André Santini, a été bloqué en quelques heures par une mobilisation sans précédent de ses détracteurs sur le net.

 

 

La masse de messages à vocation humorisitique pour une part, d'opposition à son arrivée sur la plateforme d'autre part a fait de la gachette sarkoziste une des personnalités les plus populaires de Twitter. Trop populaire sans doute !

 

 

 

 

Cela a inquiété les modérateurs de Twitter qui ont fermé temporairement son compte pour "activité étrange", "Strange activity" puisque le site est en anglais. Et hop, grâce aux passions qu'il déchaîne contre lui par son comportement que l'on peut qualifier de parfois haineux et méprisant, voilà que le sieur Lefebvre se fait clouer le bec par les internautes.

 

 

Bravo Monsieur Lefebvre, en devenant la première victime de la guerre plitique sur Twitter, vous nous avez bien fait rire ! Merci de ce moment de détente dans le monde souvent austère de la politique ...

 

 


Par Le socialiste eNGagé - Publié dans : Sur le net - Communauté : Les blogs socialistes
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Mercredi 25 novembre 2009

 

 

 

Depuis six semaines, plusieurs milliers de travailleurs sans-papiers sont en grève dans  de nombreuses entreprises et chantiers de notre pays. La détresse et l’exploitation de femmes et d’hommes qui travaillent souvent depuis longtemps en France sont inacceptables.

 

Nicolas Sarkozy et la droite, en charge de la politique d’immigration depuis 7 ans, sont responsables du pourrissement de cette situation. Les promesses de Xavier Darcos de durcir les sanctions à l’égard des employeurs ne servent qu’à occulter qu’un arsenal juridique existe déjà et qu’une poignée seulement d’employeurs ont été inquiétés l’an dernier.

 

De même que le placement d’enfants en rétention et les démembrements ou expulsions de familles dont les enfants sont scolarisés, le traitement indigne de ces travailleurs étrangers place cette politique migratoire sous le signe de l’injustice, du désordre et de l’inefficacité.

 

C’est pourquoi le Parti Socialiste demande pour les travailleurs sans-papiers, comme pour les familles dont les enfants sont scolarisés  une large régularisation sur la base d’une procédure assouplie et simplifiée, s’appliquant à tous de manière égale sur le territoire national, selon des critères clairs et transparents, prenant en compte notamment les liens de travail, la scolarisation des enfants, une durée significative de présence, une intégration effective.

 

La France est riche des apports d’hommes et de femmes de toutes origines qui tout au long de son histoire ont contribué à son essor économique, à sa culture et à son rayonnement. Les Français le savent et souhaitent poursuivre dans cette voie. Ils nous le disent à chaque étape du Tour de France du projet du Parti Socialiste.

 

Pourtant, la droite s’acharne à mener une politique inhumaine et dégradante, par exemple lorsqu’elle porte gravement atteinte au droit d’asile en renvoyant avec les autorités britanniques 3 jeunes Afghans à Kaboul, lorsqu’elle s’associe aux autorités italiennes pour confier à la Libye le traitement de la demande d’asile et ou qu’elle invente les "mariages gris".

 

Le monde du XXIe siècle connaît de nouvelles migrations. Leurs rythmes, leurs parcours, leurs motivations se sont diversifiés et les plus grands mouvements migratoires sont et seront des migrations de pays du Sud vers d’autres pays du Sud. C’est en prenant en compte cette nouvelle donne que les socialistes veulent promouvoir une politique d’immigration régulée, ambitieuse pour la France, fidèle à ses valeurs humanistes et équilibrée.

 

La France a besoin d’une politique d’immigration claire.

 

C’est pourquoi l’immigration en France doit être organisée dans un cadre légal aussi stable que possible. À l’ère de la mondialisation, les migrations constituent un défi économique, social et culturel, tant pour les pays d’émigration que pour les pays d’accueil. Pour relever ce défi, la France, en concertation avec ses partenaires européens, doit bâtir une politique d’immigration sur trois piliers.

 

Premier pilier, des règles claires et justes : l’immigration doit, plus que jamais, être régie par le droit, par un droit lisible et stable tant pour assurer que les étrangers présents dans notre pays respectent les lois de la République que pour garantir leurs droits, notamment au regard des conventions internationales signées par la France.

 

Nicolas Sarkozy a fait montre d’une hyperactivité législative qui s’est avérée aussi inutile que démagogique. Depuis 2002, la droite a modifié à plusieurs reprises la loi relative à l’entrée et au séjour des étrangers votée en 1998 : elle a supprimé la clause de régularisation après 10 ans de présence sur le territoire national. Ce processus permanent et progressif qui évitait les régularisations massives et qu’avait instauré le gouvernement Jospin devra être rétabli.

 

De même, la politique du chiffre empêche les préfets d’agir selon une règle constante. Au lieu de créer du désordre en jetant des immigrés dans l’illégalité, les pouvoirs publics doivent concentrer leurs efforts sur  la stabilité et la clarté des règles, et sur la rénovation des administrations de l’immigration (préfectures et consulats) pour leur permettre un traitement continu et équitable des dossiers des étrangers. Nous devons réaffirmer les droits et devoirs des migrants – en particulier le droit inaliénable à vivre en famille - alléger le traitement administratif et améliorer la sécurité juridique des étrangers.

 

Nous condamnons l’indigne directive européenne « Retour » qui autorise, sans procès, la privation de liberté d’une personne sans papier jusqu’à 18 mois contrairement à tous les engagements de l’Union européenne en matière de droits de l’Homme. Il faut supprimer le « délit de solidarité » et soutenir les citoyens et les associations qui se mobilisent pour apporter leur aide aux migrants dans la défense de leurs droits fondamentaux, y compris dans les centres de rétention administrative (CRA). Enfin, les réseaux d’immigration illégale - passeurs, patrons voyous, marchands de sommeil, et plus généralement tous ceux qui exploitent les migrants illégaux - doivent être combattus jusqu’à leur démantèlement, comme toute forme de trafic et de corruption dans la délivrance de visas. La France doit aussi sanctuariser le droit d’asile et le statut de réfugié, tels que définis depuis la Convention de Genève, mettre en oeuvre la Directive « protection temporaire » de 2001 jamais appliquée et contribuer à élaborer de nouvelles formes de protections internationales, par exemple vis-à-vis des déplacés environnementaux.

 

Second pilier, l’accueil républicain : nous devons sans relâche concrétiser la promesse républicaine de la France  qui accueille, intègre et émancipe de nouveaux citoyens. C’est pourquoi nous réaffirmons notre attachement au droit du sol.

 

Notre système d’intégration culturelle est l’un des meilleurs au monde, mais l’intégration socio-économique ne fonctionne pas bien et doit être améliorée.

 

Un véritable accueil, comportant un suivi et un soutien effectif des étrangers en situation régulière, doit créer un lien plus étroit entre le migrant et la France. La maîtrise de la langue française et l’accès à la formation, notamment pour les femmes, sont des priorités.

 

Les conditions de vie des étrangers sont trop souvent mauvaises: le logement insalubre, la ségrégation urbaine et scolaire, l’exploitation des travailleurs migrants, les discriminations doivent être dénoncés et combattus avec fermeté.

 

C’est pourquoi l’État doit assumer pleinement ses responsabilités : il doit soutenir, associer aux décisions publiques et s’engager  dans la durée auprès des territoires et collectivités qui accueillent souvent seuls et sans moyens les populations immigrées.

 

À l’inverse, opposer l’immigration à l’identité nationale comme le fait la droite est un facteur de stigmatisation démagogique et dangereuse des étrangers, de leurs familles, comme de français issus de l’immigration.

 

Troisième pilier, le partenariat : A l’opposé de la rhétorique dégradante de « l’immigration choisie ou subie », le Parti socialiste défend un partenariat équitable et respectueux entre pays d’accueil et pays d’émigration. Ce partenariat comme les politiques de codéveloppement doivent être menés dans un cadre européen. Au cours des prochaines décennies, l’immigration sera indispensable à la plupart des pays développés. Elle peut contribuer à préparer l’avenir dans les pays en développement. La réponse de long terme sera le développement des pays d’origine. Dès aujourd’hui, les jeunes doivent être aidés à construire leur avenir dans leur pays.

 

Au-delà du cadre multilatéral et européen auxquels nous sommes attachés, nous devons affirmer que la France forme avec les pays du Maghreb et de l’Afrique un espace de dialogue et d’échanges privilégié.

 

C’est pourquoi, la France doit remplir ses engagements en matière d’aide publique au développement, qui a diminué de moitié depuis 2006. Elle doit développer des systèmes de micro-finance, d’appui aux projets portés par les migrants eux-mêmes et par leurs associations, pour permettre leur réinstallation autant que l’émergence d’une société civile forte et d’une vie démocratique viable.

 

Au lieu de fixer des quotas d’immigration rigides et bureaucratiques, l’État doit assouplir le recrutement des étrangers dans les secteurs qui en ont besoin.

 

A l’opposé du pillage des cerveaux, la coopération universitaire, la possibilité d’aller et venir des étudiants et des travailleurs (visas circulaires), les échanges culturels et techniques peuvent être facilités. Le cadre de ce partenariat doit être tracé par des conventions internationales, prenant en compte équitablement l’intérêt des pays d’origine, des migrants et des pays d’accueil, qu’il s’agisse du développement économique, de la coopération dans la lutte contre les réseaux mafieux et de la solidarité internationale.

 

Par Le socialiste eNGagé - Publié dans : Société - Communauté : Les blogs socialistes
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Mardi 17 novembre 2009

 

 

 

Le peuple français se définit par son histoire, sa langue et des idéaux en partage. Par le pacte social qui lie chacun de ses membres et par le territoire où ils vivent. En se battant pour la République, pour la justice, pour la laïcité, il a contribué à la singularité de cette identité, héritage des Lumières et de la Révolution.

 

 

Un débat sur ce sujet serait donc parfaitement pertinent et même empreint de noblesse si des considérations politiciennes ne venaient le dénaturer. Qu’on en juge : un processus lancé dans la plus totale précipitation, les administrations de l’Etat mobilisées toutes affaires cessantes, les préfets subitement transformés en improbables chevilles ouvrières et, bien sûr, un calendrier conçu à l’aune des prochaines échéances électorales. La France serait donc confrontée à un urgent problème identitaire ?

 

 

Gageons que, pour les Français, cette urgence porte plutôt sur l’enjeu de la cohésion et de la justice sociale. Et quitte à susciter une réflexion collective, j’aurais apprécié que ne fût pas oubliée la communauté intellectuelle et notamment les historiens.

 

 

Les Lieux de mémoire de Pierre Nora nous en disent plus sur la manière dont la France s’est construite que ne le fera n’importe quel ministre. Car ce sont la liberté de l’intelligence, la dignité de l’histoire, la lucidité de l’analyse, et non pas les dogmes, les slogans ou les arrière-pensées, qui permettent de renforcer une identité.

 

 

D’ailleurs comment prétendre lancer un tel débat sans même parler de l’école ?

 

 

L’identité française s’est forgée depuis un siècle grâce à ce magnifique instrument d’émancipation qu’on appelle l’école républicaine : immigrés polonais, italiens ou nord-africains, tous ont ainsi partagé avec des Français, depuis des générations, un héritage, des valeurs et même un destin.

 

 

Pourquoi l’école peine-t-elle aujourd’hui à jouer ce rôle ? De quels moyens a-t-elle besoin ? Et les maîtres sont-ils suffisamment considérés dans cette mission de cohésion qui est la leur ?

 

 

Voilà les questions qu’on aimerait entendre poser et qui ne le seront sans doute pas, à l’heure où la suppression mécanique des postes dans l’éducation nationale est présentée comme un gage de bonne gouvernance.

 

 

Alors, ne soyons pas dupes des manipulations en cours. Comme le disait récemment le politologue Jacques Reland (Libération du 3 novembre), refusons l’«exhibitionnisme des symboles» qui se substituerait à l’affirmation des valeurs.

 

 

Débattre sérieusement de l’identité nationale, c’est réfléchir à la transformation de ce qui est un fait (naître français) en un choix assumé (être français). Et de ce constat simple aurait pu découler un débat fécond : car si le nationalisme est un poison, le patriotisme peut être un moteur quand l’amour de son pays stimule le dialogue et la rencontre avec d’autres identités.

 

 

Autrement dit, parce que je revendique ma fierté d’être français, je respecte d’autant plus celui qui ne l’est pas, qui n’entend pas le devenir, et vers lequel mon regard ne sera jamais celui de la condescendance ou du rejet.

 

 

C’est pourquoi j’exècre cette juxtaposition nauséabonde entre «identité nationale» et «immigration». Elle résonne comme une œuvre de faussaires, quand la vérité historique est détournée au profit de compromissions idéologiques.

 

 

A l’inverse, être français, c’est assumer un legs qui s’est construit au fil du temps, enrichi au gré de l’histoire, grâce à l’apport multiple des influences, des talents, des cultures, sans lesquelles nous ne serions pas ce que nous sommes.

 

 

Et ce cheminement perpétuel le montre : la France n’est en harmonie avec elle-même que quand elle ose, s’ouvre et intègre. La France se perd et doit demander pardon quand s’appliquent les lois vichystes, mais elle est à la hauteur de ses idéaux quand elle promeut l’ambition européenne, au service de la paix et d’un projet de civilisation.

 

 

C’est cela l’identité française : non pas une définition frileusement estampillée par des politiciens dans une logique de marketing électoral. C’est une matière vivante, diverse et évolutive. La France, c’est la Carmagnole et les cathédrales, Victor Hugo et Aimé Césaire, Jorge Semprun et Marie NDiaye.

 

 

Et peut-être le plus beau, le plus universel dans ce «message français» : l’identité nationale est un bien commun dont le «droit du sol» rappelle qu’elle s’acquiert autant qu’elle se transmet.

 

 

 


Bertrand Delanoë,

Libération, le 17 novembre 2009

 

Par Le socialiste eNGagé - Publié dans : Dans la presse - Communauté : Les blogs socialistes
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Lundi 16 novembre 2009
 

 
On en parle beaucoup dans les médias  : la réforme de la taxe professionnelle, présentée par le gouvernement dans le cadre du projet de budget 2010, fait l’objet d’un tir de barrage parlementaire de Gauche à droite. On rejoue là une scène classique des débats budgétaires, mais dans un contexte économique plus tendu qu'auparavant. Depuis sa création en 1975 pour remplacer la patente, la taxe professionnelle a été modifiée par soixante-huit textes législatifs différents sans jamais trouver son équilibre.
  
 
La taxe professionnelle est un impôt insatisfaisant en  terme de répartition, même si l'intauration du principe de la TPU par le gouvernement de Lionel Jospin avait contribué à  plus de justice fiscale. Elle est due par 3 millions d’entreprises. Elle a deux assiettes d’imposition : une assiette foncière (les immeubles) ; et une assiette assise sur les investissements productifs.
 
 
La taxe professionnelle a un point fort : le financement des collectivités locales. C’est une ressource essentielle : elle leur apporte 29 milliards d'euros, soit 44% de la fiscalité locale. Une ressource stable : elle est peu sensible aux variations de l’activité économique. Une ressource dynamique : elle a encore augmenté de 4.5% en 2008. Surtout, elle assure un lien entre l’entreprise et son territoire : les communes perçoivent 60% de la taxe, elles ont intérêt à l’implantation de l’entreprise sur leur sol pour financer leur budget.
 
       
Mais la taxe professionnelle a deux défauts majeurs. D’abord, elle constitue un facteur majeur d’inégalités territoriales : 5% des communes concentrent 80% de ses recettes malgré la correction apportée par la Gauche entre 1997 et 2002. Le fonds de péréquation de la taxe professionnelle, censé corriger ces déséquilibres, ne représente que 3% du budget de fonctionnement des collectivités locales.
 
 
Ensuite, la taxe professionnelle est un impôt qui pénalise un peu l’activité économique. C’est un impôt élevé, qui joue comme un second impôt sur les sociétés et crée un paysage fiscal global considéré (pas toujours à juste titre) comme défavorable aux entreprises : l’imposition directe des entreprises s’élève à 6% du PIB en France, contre 4% dans l’Union à 15. Un impôt très concentré : assise sur les immobilisations de l’entreprise, elle est un impôt qui peut parfois freiner l'investissement » qui pénalise les entreprises à forte intensité capitalistique ; les entreprises industrielles paient ainsi les deux-tiers de la taxe, alors qu’elles représentent le quart du chiffre d’affaires des entreprises établies en France. Un impôt stable : indépendant de la conjoncture, il pèse fortement en période de crise ; surtout, indépendant des bénéfices, il est intégré comme une charge fixe dans les projets d’investissement, grevant leur rentabilité, et constitue à ce titre un handicap sérieux pour l’attractivité du « territoire France ».
 
 
Face à ce constat, le président de la République avait annoncé la suppression de la taxe professionnelle. L’objectif affiché est économique : restaurer la compétitivité de nos entreprises, leur capacité à investir. Le gouvernement a proposé en réalité, non de supprimer, mais de remplacer la taxe professionnelle par une contribution économique territoriale (CET), formée de deux impôts : la contribution locale d’activité (CLA), affectée aux communes, qui est la perpétuation de la base foncière de la taxe actuelle ; et la cotisation complémentaire (CC), affectée aux départements et régions, assise sur la valeur ajoutée des entreprises, en substitution de la base « investissements productifs » de la taxe professionnelle.
 
 
Cette réforme présente d’incontestables avantages économiques. La nouvelle imposition pèsera moins sur l’activité : même si on peut légitimement ett l'on doit naturellement la critiquer au regard du déficit public qui atteint un niveau d’alerte, la réforme va se traduire globalement par une réduction d’impôt d’environ 5.8 Md€ pour les entreprises. La nouvelle assiette – valeur ajoutée plutôt qu’investissements productifs – va permettre d’étaler un peu plus équitablement la charge de l’impôt : les entreprises qui investissent le plus, et qui sont parmi les plus exposées à la concurrence internationale, seront les principales bénéficiaires de la réforme (baisse de 30% en moyenne pour les entreprises industrielles).
 
 
Toutefois, le nouveau dispositif ne règle pas tous les problèmes économiques, loin s'en faut. La valeur ajoutée est certes plus sensible aux résultats de l’entreprise que la taxe professionnelle mais il s’agit d’une base relativement stable : la CET continuera d’être intégrée, comme la TP, dans les contributions fixes des projets d’investissement. Surtout, la réforme repose sur une erreur d’analyse fiscale. La TP est certes un impôt qui pèse sur les investissements, mais d’un point de vue global, elle constitue une pièce d’un puzzle fiscal équilibré : la valeur ajoutée est composée de trois éléments – la masse salariale, les investissements, les bénéfices – et elle est frappée par trois grands prélèvements – les cotisations sociales, la taxe professionnelle, l’impôt sur les sociétés.
 
 
En substituant une cotisation assise sur la valeur ajoutée à la TP, on déséquilibre cet édifice : la masse salariale fait ainsi l'objet de deux prélèvementsf, au titre des cotisations sociales et au titre de la CET. La fiscalité des entreprises devient ainsi « anti-emploi ». C’était le cas jusqu’à la réforme de la TP en 1998. Son assiette était composée jusque-là de la masse salariale et des investissements. Le ministre des finances de l’époque, Dominique Strauss-Kahn, avait supprimé la part salariale de la TP pour faire cesser cette double imposition des salaires, facteur de chômage.
 
 
Au-delà de ses objectifs économiques, la réforme ne s’attaque pas à l’autre point noir de la taxe professionnelle : les inégalités territoriales. La péréquation a en effet été limitée à la seule compensation des écarts produits par la réforme.
 
 
Surtout, la réforme déstabilise ce qui était le point fort de la taxe professionnelle, le financement des collectivités locales. Elle entraîne une baisse des recettes fiscales des collectivités locales, de l’ordre de 11 milliards d'euros. Les élus locaux s’inquiètent. Le gouvernement promet que cette baisse sera compensée pour chaque collectivité à l’euro près en 2010, mais après ? La compensation est effectuée par des dotations budgétaires de l’Etat : c’est une nouvelle limitation de l’autonomie financière des collectivités locales. Et pourquoi cette réforme majeure du financement local n’est-elle pas liée à la réforme en cours de l’organisation des collectivités locales et de leurs compétences ?
 
 
Point névralgique, la réforme prévoit une nouvelle spécialisation territoriale de la fiscalité locale : la part fiscale liée à l’entreprise et à sa valeur ajoutée n’est plus affectée aux communes mais aux départements et régions. C’est une erreur fondamentale : le lien entre l’entreprise et son territoire d’implantation est coupé. Une commune n’aura plus intérêt à faire venir de l’activité économique sur son sol ; les entreprises auront tendance à être éconduites par les municipalités, qui préfèreront les zones résidentielles, leurs habitants-électeurs et leur taxe d’habitation, plutôt que les entreprises et leurs nuisances.
 
 
Les débats à l’Assemblée nationale ont permis, à ce stade, de rétablir le lien fiscal entre les communes et l’entreprise. Mais la nouvelle ventilation économique de la CET entraînera en tout état de cause des problèmes. Les communes qui accueillent des industries lourdes verront fondre leur ressource fiscale : c’est la « double peine » pollution et baisse des ressources qu'elles subiront.
 
 
Au total, cette réforme n’atteint, pas plus que les précédentes, un point d’équilibre satisfaisant. C’est à une réforme globale de la fiscalité locale, gravement défaillante dans son ensemble, qu’il faut s’atteler aujourd’hui.
 

Par Le socialiste eNGagé - Publié dans : Actualité(s) - Communauté : Les blogs socialistes
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Lundi 16 novembre 2009

 

   


 

 

La polémique lancée par Eric Raoult à propos des déclarations de Marie N Diaye serait juste absurde si elle n’était pas profondément malsaine.

 
  
Absurde en effet ce prétendu « devoir de réserve » qui devrait s’appliquer aux écrivains récompensés par le prix Goncourt : ce devoir là ne s’impose qu’à certains fonctionnaires, les « fonctionnaires d’autorité » à qui il est légitimement demandé de ne pas tenir de critiques publiques vis-à-vis des décisions prises par le gouvernement.

 

 

Mais en quoi un prix littéraire aurait-il vocation à brider la liberté de parole de l’écrivain, liberté fondamentale de tout citoyen, constitutive de l’activité artistique elle-même ? A cette interrogation, le député de Seine Saint-Denis ne répond pas. Ou plutôt, il préfère probablement ne pas répondre. C’est là où la polémique devient malsaine.

 
 
Malsain de lire qu’en la lançant Eric Raoult a tout simplement voulu « faire parler de lui » : comme si dans la France contemporaine, détourner ainsi les questions de liberté pouvait parfaire la renommée des hommes politiques.

 

 

Comme si la liberté de parole des écrivains n’était pas dans le cours de l’histoire, et encore aujourd’hui dans de nombreux pays, au cœur du combat pour la démocratie.

 

 

Je pense ici à Taslima Nasreen, que Paris s’enorgueillit d’avoir accueilli, estimant, oui, que c’était là le « devoir » de la capitale de la France.

 

 

Malsain encore, d’entendre qu’il s’agirait de donner des gages à un certain électorat à la veille des élections régionales, comme si le jeu politique devait inévitablement conduire au piétinement de certaines valeurs.

 

 

Malsaine surtout, l’exégèse douteuse à laquelle se livre Monsieur Raoult dans le Monde de samedi, ne regrettant rien de ses propos et affirmant même que, par comparaison, Yannick Noah et Lilian Thuram n’étaient pas allés aussi loin dans la critique de la France.

 

 

Yannick Noah et Lilian Thuram ? Sa critique initiale ne portait donc pas exclusivement sur la liberté de parole des écrivains ? Un footballeur, un tennisman, un Prix Goncourt : serait-ce donc la couleur de leur peau qui inspirerait ce « rappel à l’ordre », pas vraiment « républicain » ?

 
  
Sentiment de dégoût. Envie de demander à une certaine droite qu’on arrête là. A l’heure où un ministre ressent le besoin urgent de lancer un débat sur l’identité nationale, un député de la même majorité suggère que certains Français seraient avisés de se taire. Peut-être parce que leur « identité » déplaît.

 

 

Cette conception là de la France n’est pas la mienne. Si prompte à distinguer ceux qui la composent, à stigmatiser les différences, à jouer des uns contre les autres, à arrêter une version officielle, et à discréditer ceux qui refusent de la réciter.

 

 

Indifférence du gouvernement… Absurde et malsain.

 

 

Bertrand DELANOE,

Maire PS de Paris

Le 16 novembre 2009

 

Par Le socialiste eNGagé - Publié dans : Témoignages - Communauté : Les blogs socialistes
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Samedi 14 novembre 2009

 

 

 

Le débat qu’appelle de ses vœux le gouvernement de Nicolas Sarkozy sur l’identité nationale n’en est pas un. L’identité nationale ne peut pas être définie une fois pour toutes : elle prend sens dans sa contingence, dans l’usage politique et civique des citoyens, dans la socialisation. C’est tout le sens des arguments d’Ernest Renan.

 

 

Ce « débat », les références du gouvernement à l’immigration « choisie » et la création d’un Ministère de l’immigration et de l’identité nationale participent d’une ethnicisation de l’appartenance nationale. A rebours de ce projet dangereux, l’urgence est de rendre la nation plus fraternelle en assumant pleinement sa diversité.

 

 

Mettons de côté les arrière-pensées électoralistes, maintes fois dénoncées, qui président à la remise sur le tapis de la question de l'identité nationale dans une période préélectorale. Il est temps de faire juste quelques remarques sur ce « débat ».

  

 

La première est précisément qu'il n'y a pas de débat : nous ne sommes pas face à deux conceptions de la nation entre lesquelles il faudrait trancher, choisir. Il en va de l'identité nationale un peu comme du temps selon Saint Augustin : je sais très bien ce qu'il est tant qu'on ne me demande pas de le définir, parce que je vis dans le temps. Mais aussitôt qu'il s'agit d'en fixer le concept, des difficultés considérables surgissent.

 

 

De même, nous savons très bien ce qu'est l'identité nationale, tant qu'on ne nous demande pas de la définir : elle est un élément de notre vie, dont nous percevons tour à tour différents aspects, d'ailleurs passablement contradictoires.

 

 

La définition de Renan dans Qu'est-ce qu'une nation ? (1882) en avait déjà cerné les éléments en tension : la nation est, selon lui, « la possession en commun d'un riche legs de souvenirs », ainsi que « le consentement actuel, le désir de vivre ensemble ». Encore faut-il ajouter que le riche legs de souvenirs est à mettre en rapport avec cette autre affirmation : « l'oubli, et je dirais même l'erreur historique, sont un facteur essentiel de la création d'une nation ». Inutile donc de demander à l'histoire des arguments en faveur de la nation.

 

 

De même la volonté de vivre ensemble est précisée comme « une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu'on a faits et de ceux qu'on est disposé à faire encore ». Tout l'enjeu du travail de Renan est de détacher la nation de tout substrat ethnique, religieux, géographique, linguistique, historique pour en faire exclusivement un  concept politique.

 

 

C'est pourquoi la nation n'est invoquée que lorsqu'elle est contestée ou menacée. Soit de l'extérieur, en cas de conflit, soit quand elle fait l'objet d'une contestation interne. Ce fut longtemps le cas en France, ce ne l'est plus . Qui conteste ou menace aujourd'hui la France ? La réactivation de cette question a  quelque chose d'artificiel. A moins que l'on pense que l'Europe d'une part, l'immigration, d'autre part, sont des menaces pour l'identité nationale. N'ont intérêt aujourd'hui à agiter le chiffon rouge de l'identité nationale que les nostalgiques d'un souverainisme crispé.

 

 

On ne touche qu'avec prudence à des questions aussi complexes que celle de l'identité. Et d'abord en remarquant qu'il n'est d'identité que relationnelle : c'est face aux autres, reconnu ou au contraire nié par eux, que j'éprouve mon identité. Et ces identités sont multiples, en fonction des situations où nous nous trouvons, des interlocuteurs à qui l'on a affaire. C'est pourquoi l'identité nationale n'est qu'une composante parmi d'autres des identités politiques et culturelles qui sont les nôtres. Voyez le merveilleux livre de Mona Ozouf sur son enfance républicaine et bretonne, justement intitulé Composition française (Gallimard, 2009).  Je suis Français face à un Allemand ou à un Bulgare, mais aussi Européen face à un Indien ou un Africain du Sud. Je suis issu de l'immigration algérienne, comme du Poitou ou de l'immigration espagnole. Je suis de Bordeaux tout en étant de Gironde. Et je peux être franco-allemand, ou franco-algérien, tout en étant d'ailleurs marseillais ou cévenol.

 

 

La règle ici est la suivante : n'assigner jamais aucune identité à l'autre, mais lui permettre de déployer son identité dans les termes qu'il souhaite. L'assignation identitaire est une des pires violences qui soit, avec son symétrique : le déni d'identité, le refus de reconnaissance. Ces deux traits sont omniprésents dans les processus de stigmatisation des populations issues de l'immigration en France aujourd'hui. Ils renvoient à une des principales difficultés de notre héritage politique : d'avoir été dans le même temps républicain et impérial.

 

 

Suivons encore Renan : la nation est lien de solidarité. La crise de la nation, aujourd'hui, est d'abord et surtout, peut-être même exclusivement, une crise de la solidarité : vous voulez parler nation ? Alors parlons de ce déni de solidarité, de ce refus de la nation qu'est le bouclier fiscal. Il n'y a pas de nation  quand certains s'exonèrent des efforts demandés à tous.

 

 

Quelle est donc la nature du lien national ? Ce que tisse la nation, c'est une forme de concitoyenneté. Celle-ci n'est pas d'abord un rapport vertical de sujétion commune à un même Etat (ceci, c'est le principe dynastique, que Renan oppose formellement au principe national), mais un rapport horizontal de chacun à la communauté des citoyens.

 

 

Et cette concitoyenneté a une conséquence très remarquable : de toutes les communautés humaines, la nation est la seule (avec la famille) à rassembler des membres qui ne se sont pas choisis mutuellement. Je ne choisis pas mes concitoyens et ils ne me choisissent pas non plus : nous devons nous accommoder les uns aux autres.

 

 

Partout ailleurs, nos communautés sont des associations choisies, à un degré plus ou moins fort : travail, résidence, associations, partis, etc. Seule la nation est la communauté non élective par excellence. C'est pourquoi parler d'immigration choisie est particulièrement mal venu : c'est confondre la nation avec un club fermé, qui a ses propres règles d'admission. C'est vouer ceux qui arrivent à rester au ban de la nation. Et c'est transformer la nation en communauté close. Vous avez dit communautarisme ?

 

 

Résumons : en faisant mine de s'inquiéter d'une « identité nationale » qui n'est ni contestée, ni menacée, le gouvernement de Nicolas Sarkozy prend un risque considérable : celui de conforter les peurs, d'attiser les inquiétudes, de figer cette fameuse « identité nationale » autour de critères de comportements ou d'habitudes majoritaires, bref, met en péril cette cohésion même qu'elle prétend conforter.

 

 

Elle va dégénérer en repli nationaliste, car il faudra des boucs émissaires. Ce sera l'Europe, ce sera l'immigration : pas même seulement l'immigration des nouveaux venus, mais celle des plus anciennement arrivés, cette immigration que plusieurs générations de nationalité française n'ont pas pu  effacer car elle porte les stigmates de l'étranger : couleur de peau, langue parfois, religion.

 

 

Appeler dans ces termes à débattre de l'identité nationale c'est exalter une conception ethno-communautaire de la nation, à rebours de ce que prônait Renan. Au lieu d'exalter l'identité, on ferait mieux de la rendre plus fraternelle.

 

Par Le socialiste eNGagé - Publié dans : Société - Communauté : Les blogs socialistes
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Vendredi 13 novembre 2009

 

 


 

 

Le Parti Socialiste ne veut ni fuir le débat sur l'identité nationale, ni tomber dans le piège tendu par Éric Besson, et encore moins se laisser attaquer sur ce terrain-là par Nicolas Sarkozy, qui, dans son discours, jeudi, a fustigé plusieurs réformes emblématiques de la Gauche, en dérapant davantage sur son extrême droite.

 

 

Sur le fond, le Parti Socialiste ne sera pas pris en défaut. Après avoir traîné des pieds, la direction du parti a changé de stratégie. «C'est Éric Besson qui court après nous», explique la Première Secrétaire en précisant que le débat sur la nation ne gêne nullement la Gauche. À travers son «tour de France», lancé à la rentrée, Martine Aubry s'intéresse à la nation. «C'est l'un des éléments qui ressort des réunions», assure Christian Paul, chef d'orchestre du Laboratoire des Idées : «Les gens affirment leurs valeurs républicaines et demandent leur défense.» C'est à Rennes, lors de la huitième et dernière étape du parcours, que la maire socialiste de Lille prononcera un discours sur la France, censé restituer l'état d'esprit des sympathisants rencontrés.

 

 

C'est là que le Parti Socialiste parlera de la nation, et pas dans les réunions officielles organisées par la Sarkozie pour satisfaire l'électorat vert-de-gris . Le parti «demandera à ses responsables de ne pas se rendre dans les préfectures», a expliqué lundi le porte-parole Benoît Hamon. «On peut, nous, être très intéressés à débattre de l'identité de la France», mais «parce que c'est un sujet sérieux, nous n'aurons pas ce débat avec M. Besson».

 

 

Nicolas Sarkozy a lancé cette question «comme on jette un atout sur une table de jeu», il veut «l'instrumentaliser dans le but se séduire les électeurs du Front national, avec l'espoir secret de déstabiliser une gauche censée se trouver mal à l'aise avec ce sujet, et cela à quelques mois d'élections régionales qui s'annoncent serrées», a déclaré le député maire d'Évry, Manuel Valls, dans Le Monde. Même cri d'indignation de la part du député européen Vincent Peillon : «Jamais, sauf au moment du pétainisme, nous n'avons défini ce que nous sommes par le rapport à l'étranger.»

 

 

En exaltant de nouveau contre toute attente, lors d'un discours jeudi à La-Chapelle-en-Vercors (Drôme), les symboles d'un des maîtres à penser du régime de Vichy (1940-1945), Nicolas Sarkozy a fini de creuser un sillon idéologique dont les ramifications tactiques ne laissent pas de doute.

 

 

"Il semble évident qu'il puise en grande partie dans le registre de l'extrême droite et que c'est calculé", souligne Régis Meyran, docteur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et spécialiste de l'identité nationale.

 

 

François Miquet-Marty, président de l'institut Viavoice, confirme que l'extrême droite a repris du poil de la bête avec la polémique sur la vie intime du ministre de la Culture.  "Le Front national a réussi un coup médiatique avec l'affaire Frédéric Mitterrand, il est en train de reprendre de la vigueur et une partie de son électorat qui a voté pour Nicolas Sarkozy en 2007 est tenté de revenir aux sources".

 

 

Les enquêtes d'opinion dénotent une progression du parti de Jean-Marie Le Pen dans les intentions de vote pour les élections régionales de mars 2010, à environ 9% au plan national.

 

 

A l'Elysée comme à Matignon, même si on se défend de convoquer les thèmes porteurs de l'extrême droite - immigration, sécurité, identité nationale - pour conjurer des pronostics électoraux peu favorables à la majorité, un ministre concède que l'une des préoccupations est d'"éloigner la question d'une résurgence du Front national".

 

 

 

 

Accusée par le président de la République d'avoir "peur" du débat sur l'identité nationale lancé le 2 novembre par Eric Besson, la Gauche dénonce une "manoeuvre" et un "piège". "C'est indigne du chef de l'Etat que de laisser penser qu'il y aurait d'un côté des bons Français de droite, et de l'autre côté une opposition qui ne connaîtrait pas l'identité nationale et, sous-entendu, qui ne l'aimerait pas", a estimé le député socialiste Pierre Moscovici.

 

 

Le sénateur socialiste Robert Badinter a dénoncé sur France Inter une manipulation électorale. "Je comprends très bien que les socialistes refusent de s'y associer", a-t-il dit. "L'identité nationale, pour moi c'est d'une extrême simplicité: communauté de cultures, communauté de valeurs, communauté de destins", a souligné l'ancien ministre de la Justice. "On n'a pas besoin pour ça d'aller dans les préfectures débattre sous la férule d'un féal du président".

 

 

En mars 2007, lors de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait déclaré qu'il ne laisserait pas "le monopole de la nation à l'extrême droite". Le vocable d''"identité nationale", que récusent notamment ethnologues et démographes, a été introduit dans les années 1980 par Jean-Marie Le Pen, lorsque le FN a pris corps en France.

 

 

Mais hier, Nicolas Sarkozy, avec l'appui de son conseiller Henri Guaino, a emprunté au nationalisme de Maurice Barrès en multipliant les variations sur "la leçon de la terre", la "conscience nationale", "la terre et les morts" chantés par l'écrivain du XIXe siècle. Nous voilà bientôt tous dreyfusards face à une droite moisie par les idées fascisantes sorties d'outre-tombe par un Président indigne de la République !

 

 

"On comprend l'Histoire de France quand on accepte de vibrer avec le souvenir du Sacre de Reims et d'être ému par le récit de la fête de la Fédération", a déclaré Nicolas Sarkozy. L'identité catholique - le président français juge que le retrait de la mention des "racines chrétiennes de l'Europe" du traité européen est une erreur -, le culte des ancêtres, de la terre, de la famille parcouraient son discours comme le "Roman de l'énergie nationale" de Maurice Barrès. Et pire ...

 

 

"Les caractères propres, ethniques et nationaux, nés de variations séculaires, qui différencient le Français de France de l'étranger, ne sont point des métaphores", écrivait l'écrivain dans "Le système nerveux central", publié en 1899. Des chercheurs se sont alarmés de l'émergence de "normes identitaires" comme autant d'injonctions propres à exclure - des "reconduites à la frontière" de l'identité. Barrès et Maurras l'ont écrit, Sarkozy, Besson et consorts le préparent ...

 

 

Une réminiscence de "l'Anti-France" de Charles Maurras, dont on a pu retrouver les accents jeudi dans l'évocation d'une "désintégration civique et sociale", avancent certains. Et d'un jour de 2006 quand Nicolas Sarkozy a dit devant des militants UMP: "Si certains n'aiment pas la France, qu'ils la quittent". La France,nous l'aimons, la dérive nationaliste et
populiste du pouvoir nous la dénonçons.

 

 

En empruntant tout autant au "nationalisme fermé", le "nationalisme des nationalistes" théorisé par Michel Winock, et au nationalisme républicain prétendu "ouvert" à la Charles Péguy, Nicolas Sarkozy cultive une ambiguïté idéologique à même d'inspirer des ralliements divers, sur sa droite extrême uniquement.

 

 

Attention, il y a danger pour la Démocratie. La dérive nationaliste d'une droite sans  repère républicain ni idée démocratique se poursuit.

 

Par Le socialiste eNGagé - Publié dans : Politique(s) - Communauté : Les blogs socialistes
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Jeudi 12 novembre 2009
 

 
Sous ses airs de grand intendant dévoué, le premier ministre François Fillon se montre souvent agressif et peu respectueux des faits. Ainsi vient-il de se livrer à une charge gratuite contre moi, en imputant mon échec de 2002 à des "engagements jamais tenus". C'est inélégant, impertinent et imprudent.
 
 

C'est inélégant, parce que ce politique averti, qui d'ailleurs s'inquiète aujourd'hui des discordes au sein de son camp, préfère ignorer le rôle qu'a joué hier l'excessive division de la gauche dans les résultats du premier tour. Charles Pasqua nous a pourtant rappelé le soin qu'on avait pris à droite de lui interdire d'être candidat. Et personne n'a oublié combien la gauche avait négligé les risques en multipliant les candidatures.

 

 

C'est impertinent, parce que chacun sait que j'ai respecté mes promesses. Il suffit de comparer les engagements de mon programme en 1997 avec les décisions prises et les résultats obtenus.

 

 

Priorité à l'emploi ? 900 000 chômeurs de moins, 35 heures mises en œuvre et emplois-jeunes multipliés.

 

 

Croissance économique ? Constamment soutenue et supérieure à la moyenne européenne.

 

 

Rétablissement des grands équilibres ? Baisse des déficits du budget et de la Sécurité sociale, et même de la dette par rapport à la richesse nationale.

 

 

Parité entre les hommes et les femmes ? Inscrite dans la Constitution et introduite dans les scrutins de liste.

Lutte contre les discriminations ? Mesures antiracistes et instauration du pacs.

 

 

Indépendance de la justice ? Scrupuleusement respectée.

 

 

Sécurité des quartiers ? Création de la police de proximité.

 

 

Respect des élus locaux ? Contrats de plan généreux et négociés.

 

 

Immigration ? Politique ferme mais digne.

 

 


Soutien à la recherche, à l'éducation et à la culture ? Fin des coupes sombres et efforts budgétaires.

 

 

Obéissance aux règles de la République ? Cinq ans de gouvernement sans scandale et d'administration conduite en transparence, hors de tout favoritisme.

 

 


LE POUVOIR BRANDIT LA CRISE COMME UNE EXCUSE

 

 

C'est imprudent, enfin, parce que les Français pourraient bien comparer défavorablement le gouvernement Fillon au gouvernement Jospin, tant pour le respect des promesses que pour les résultats.

 

 

Où en est le "travailler plus pour gagner plus", quand le chômage se répand, que les salaires stagnent et que les injustices se font plus criantes ?

 

 

Et la sécurité, quand se multiplient les violences aux personnes et les tensions avec les jeunes ?

 

 

Les équilibres économiques, quand les déficits enflent et que la dette explose ?

 

 

L'autorité de l'Etat, quand les préfets sont lassés d'être malmenés et que les plus hautes figures de la majorité se déchirent devant les tribunaux ?

 

 

L'indépendance de la France, quand on réintègre l'OTAN sans aucun bénéfice ?

 

 

La rupture avec la "Françafrique", quand on s'incline devant les répressions et les fraudes sur ce continent proche ?

 

 

Certes, le pouvoir brandit la crise comme une excuse. Mais ses échecs et ses travers sont antérieurs à la crise, ou sans rapport avec elle. Et il ne sert à rien de l'invoquer, puisqu'on reste si indulgent avec ceux qui l'ont provoquée, et si dur avec ceux qui la subissent.

 

 

Lionel Jospin, ancien Premier ministre

 

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Samedi 7 novembre 2009
 

 
On dit souvent que l'ambiance au Sénat est soporifique et que les débats s'y déroulent à fleurets mouchetés. Cette semaine, la Haute assemblée a été réveillé de sa torpeur par l'attitude méprisante et puérile de Christian Estrosi à l'égard des parlementaires socialistes et communistes, pourtant dignes représentant des citoyens au sein de l'hémicycle. Revenons un instant sur les faits et  saluons le rappel à l'ordre salutaire du sénateur socialiste du Doubs, Martial Bourquin.
 
 
Nous sommes le jeudi 5 novembre et le débat sur le changement de statut de la Poste se déroule au Palais du Luxembourg. Peu enclin à suivre les prises de parole des éparlementaires de Gauche, le ministre de l'Industrie se contente de raillé les représentants du peuple sur Twitter. Quelle considération pour la représentation nationale et pour le rôle du  Parlement !
 
 
Pour  les non-initiés, Twitter est une plate-forme de micro-blogging sur  laquelle chacun peut délivrer des messages de 140 signes maximum. De nombreux responsables et beaucoup de militants politiques utilisent ce nouveau média pour relayer leurs idées ou promouvoir leurs actions.
 
    
Mais revenons sur les expressions du cancre du gouvernement, Christian Estrosi. Le bal du mépris est ouvert par "Les sénateurs socialistes et communistes font de l'obstruction mais considèrent qu'ils traavaillent trop" et "Je commence le bêtisier : Bourquin PS: 'efficacité du service publique (sic) mais cette efficacité pas au détriment du service pubique (sic)". Je vous laisse apprécier la gratuité du propos autant que la qualité de l'orthographe du ministre sarkozien, bien que la réponse de Martial Bourquin faisant le lien avec le débat sur l'identité nationale soit parfaitement  exhaustive.
 
 
Je vous laisse en prendre connaissance. "Monsieur Estrosi, je suis un autodidacte comme vous : 'service public' c'est un 'c', ce n'est pas 'que'. Quand on parle de l'identité nationale, l'orthographe fait partie de l'identité nationale", a répondu l'élu doubiste. Le sénateur socialiste avait auparavant condamné l'attitude méprisante du ministre : "Je suis profondément indigné par ces allégations qui avilissent notre Haute assemblée et renforcent les extrêmes".  
 

Le représentant du groupe socialiste au Sénat a également accusé Christian Estrosi d'avoir effacé un autre message où il mettait en cause le sénateur et président socialiste de la région Bourgogne, François Patriat ("Patriat PS. Raconter autant de salades en séance, me solliciter pour accompagner ses projets et se coller à moi sur la photo Bourgogne. Gonflé").   
 
 
L'attitude minable d'un membre du gouvernement m'affecte particulièrement en tant que citoyen et montre combien le pouvoir sarkozien donne carte blanche aux représentants les plus décomplexés, soit les plus droitiers, pour décocher des flèches empoisonnés contre la Gauche. Cette attitude anti-parlementariste me rappelle des heures sombres de l'Histoire de la République, entre boulangisme et poujadisme.
 
 
Une fois de plus, l'UMP nous prouve par un couac de communication d'un de ses responsables, comme un lapsus révélateur, que l'aspiration totalitaire n'est jamais loin et que l'action comme l'attitude de l'actuelle  majorité de droite peut parfois se confondre avec les desseins de l'extrême droite.
 
 
Le ministre chargé de l’industrie, tel un garnement pris le doigt dans le pot de confiture mais ne reconnaissant pas son bas larcin s'est contenté d'une réponse à côté de la plaque : « c’est la liberté pour chacun d’utiliser les médias qu’il souhaite pour dénoncer sa part de vérité ».
 
 

 
 
C’est sans doute la première fois que Twitter devient ainsi le terrain d’une joute au Sénat. Et ce n’est sans doute pas la dernière fois. Le problème est que nous nous retrouvons face à un exécutif pour le moins contradictoire où les uns comme Nicolas Sarkozy ou Nadine Morano veulent civiliser l’Internet quand les autres multiplient ces incivilités en se laissant aller aux propos faciles, pour ne pas dire plus…
 
 
L’ex-motard Estrosi pourra toujours prêter l'oreille aux idées sécuritaires celle qu'on ne peut suspecter de progressisme tant ses déclarations sont réaactionnaires j'ai nommé Nadine Morano, selon qui « il faudrait instaurer une police internationale de la Toile » et qui est  « pour la liberté, mais aussi pour un « Code de la route » sur le Net ».
 
Par Le socialiste eNGagé - Publié dans : Sur le net - Communauté : Les blogs socialistes
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