"L’avenir n’est pas donné d’avance. Si tous les futurs ne sont pas possibles, si l’épreuve du réel ne permet pas tous les rêves, le possible ne se déduit pas non plus mécaniquement de la réalité présente. Il est ouvert et multiple, il se crée. A nous de décider ce qu’il doit être sans nous laisser enchaîner aux seules nécessités du présent …
La démocratie ne vit que d’inventer les possibles".
Lionel Jospin
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Face aux difficultés des Français en ce début d’année, la façon dont ils les vivent et dont ils les perçoivent, la baisse de popularité de Nicolas SARKOZY est un signe. Elle montre
qu’il y a un tassement fort de la côte de popularité du chef de l’État depuis la fin de l’année dernière et qui persiste en 2008.
Nous pouvons légitimement nous interroger sur le pourquoi de cette baisse. S’agirait-il de la présidence de Nicolas SARKOZY ou cela tiendrait-il de son mode de vie ? Ces deux questions selon
nous, n’ont qu’une influence marginale. Ce qui est au centre de sa baisse de popularité est la politique qu’il mène depuis six mois avec des résultats qu’il n’obtient pas.
Le pouvoir d’achat est en berne pour tous les Français et il essaie par différents artifices d’échapper au jugement des Français : des conférences de presse avec un ministère de la parole
savamment entretenu depuis son élection. De la parole, toujours de la parole et rien comme résultat, avec comme artifice une note donnée à ses ministres, seul jugement donné sur l’action
gouvernementale.
Et quand on parle de réforme institutionnelle qui devrait arriver à l’étude dans les prochaines semaines, le seul contrôle sur les ministres qui compte n’est pas celui d’un cabinet de consultants
privés, mais celui des parlementaires à l’Assemblée nationale et le jugement des Français qui s’exprimera lors des élections municipales.
Les Français se rendent compte que les perspectives de 2008 seront très dures. L’inflation pour commencer avec les déclarations de Christine LAGARDE changées puis modifiées quelques heures plus
tard. La réalité est qu’elle nous avait présenté un projet de loi de Finances repris par l’Assemblée nationale qui faisait d’une inflation à 1,8 %. Nous, les socialistes, lui avions indiqué
alors que cette hypothèse était irréaliste, au moment où l’INSEE annonçait une perspective de 2,4 % en 2008. Le gouvernement et Nicolas SARKOZY n’avait rien voulu entendre. Ils avaient minimisé
sciemment l’inflation telle qu’elle était prévisible. Cela se matérialise dès le début d’année pour les Français dans la hausse des matières premières, la hausse du coût du pétrole et
l’augmentation du gaz.
Perspectives dures également pour les Français avec l’instauration des franchises médicales qui représente une hausse qui commence à toucher des Français soumis à des traitements lourds et qui ne
disposent parfois que de petits moyens financiers. Des Français commencent à être victimes des inégalités qui vont se creuser dans notre système de santé avec ces nouvelles mesures. Je n’oublie
pas non plus l’inquiétude d’un certain nombre de praticiens dans certaines villes et certains quartiers, pour la prise en charge rapide de nos concitoyens. Cette franchise médicale sera un frein
pour bénéficier dans les meilleures conditions, des soins.
On a donc un gouvernement qui commente davantage l’inflation qu’il ne la combat, mais qui continue d’aggraver les inégalités.
Côté pouvoir d'achat, rien n’est en vue pour les Français en 2008. Les pertes sont déjà visibles pour une grande partie d’entre eux. C’est le cas en particulier pour les retraités, car les
fausses prévisions d’inflation du gouvernement vont entraîner une baisse du pouvoir d’achat de 1,3 % pour 14 millions de retraités dans en France. Si des mesures ne sont pas rapidement prises en
leur faveur, 14 millions de retraités connaitront une baisse de leur pouvoir d’achat sur 2008.
Le gouvernement avait là encore fait des prévisions pour que le budget tienne en cette fin d’année . Ils ont cependant trompé la représentation nationale en calculant le budget sur des
hypothèses fausses . Le gouvernement avait tablé sur une augmentation du prix du baril à 73 $, alors qu’il est maintenant autour du seuil des 100 $. De même que la parité euro-dollar est
également une hypothèse fausse.
En sous-estimant ses prévisions pour crédibiliser ses fausses hypothèses de croissance et ses projections de déficits et de dettes, le gouvernement fait peser de lourds dangers sur le
pouvoir d’achat des Français.
Si rien n’est fait, tout nous mène inévitablement vers un plan de rigueur. Le poids du paquet fiscal, la dérive des comptes sociaux, l’incapacité à relever la croissance nous mènera à des hausses
d’impôts : pour les plus modestes, la CRDS, la mise en place de la TVA sociale et la hausse des franchises médicales.
Le gouvernement lance cependant des ballons d’essai : le gouvernement jugerait urgent de faire un audit de tous les impôts. Mais vous remarquerez que l’audit est lancé après le paquet fiscal. On
se prive de toutes marges de manœuvre budgétaire et fiscale et ensuite on trouve la question de l’audit qui permettra demain de justifier une hausse des prélèvements pour les salariés, les
classes moyennes et les retraités.
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