Ma devise

"L’avenir n’est pas donné d’avance. Si tous les futurs ne sont pas possibles, si l’épreuve du réel ne permet pas tous les rêves, le possible ne se déduit pas non plus mécaniquement de la réalité présente. Il est ouvert et multiple, il se crée. A nous de décider ce qu’il doit être sans nous laisser enchaîner aux seules nécessités du présent … 

 

La démocratie ne vit que d’inventer les possibles". 

  

Lionel Jospin

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Rénovation du PS

Vendredi 28 septembre 2007

 
 
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Laurent Joffrin, directeur de la rédaction de Libération, appelle les socialistes à faire coïncider leurs principes avec leur mise en pratique, en s’inspirant notamment des expériences réussies des gouvernements sociaux-démocrates.

 

 

Ma meilleure formation, ce fut le Parti. C’est au Parti que j’ai appris le débat, l’histoire politique, les discussions théoriques sans fin, les ambitions, les manoeuvres, les hommes dans leur faiblesse et leur énergie. Je ne suis plus socialiste depuis longtemps,sinon par l’adhésion à des valeurs simples. Mais j’ai gardé au coeur la fièvre militante des vingt ans, quand l’avenir nous appartenait.

  

 

 J’étais entré un jour de l’hiver 1972 dans une salle de danse vétuste qui avait gardé sur sa droite la barre de bois et la grande glace des ballerines. Située rue de Trétaigne, elle servait le soir aux réunions de la 18e section de Paris dont le membre le plus glorieux, petit homme d’une grande drôlerie, s’appelait Daniel Mayer,chef du parti sous l’Occupation et fils spirituel de Léon Blum. J’arrivais là après Claude Estier, Daniel Vaillant, Jean Peyrelevade mais avant Lionel Jospin et Bertrand Delanoë.

 

 

Années fortes qui ont vu la naissance de l’Union de la gauche et la montée difficile vers le pouvoir, sous l’impérieuse direction d’un Mitterrand dont nous autres, militants de base, surveillions la réalité de la conversion au socialisme… La raideur doctrinale et le maximalisme étaient de règle, surtout chez les jeunes. Si bien qu’après 1981, je fis retour sur ces années trop idéologiques qui furent, on le sait bien, démenties au pouvoir au moment du « tournant de la rigueur » de 1983, comme elle seraient démenties plusieurs fois ensuite par d’autres gouvernements socialistes. L’écart entre les mots des années 70 et les choses des années 80 coûta cher à la gauche. 

 

 

Peu de choses, au fond, ont vraiment changé. Les socialistes, continuent, moderato cantabile, de pratiquer le grand écart entre les textes et les actes,les motions de congrès et les décisions de gouvernement. Cette maladie chronique qu’on appelle le guesdisme – ou le molletisme – immobilise leur pensée et obère leur avenir. Trois réflexions, donc.

 

 

Sur le plan théorique, justement, les socialistes doivent proclamer, une fois pour toutes et expérience faite, que la grande querelle philosophique du début de siècle ouverte par Bernstein contre les marxistes orthodoxes a été tranchée par l’histoire et que Bernstein avait raison. 

 

 

Mille excuses pour revenir à une discussion oubliée. Mais les grands ancêtres ont cette vertu qu’ils ouvrent la voie. Bernstein avait vu le premier que le socialisme n’était pas seulement l’expression du mouvement ouvrier, c’est-à-dire du mouvement de l’Histoire animé par la lutte des classes, mais une protestation de tous les temps et de toutes les latitudes contre l’injustice du monde. Rompant avec le marxisme, il faisait dépendre l’action politique, non des pratiques concrètes dérivant de la protestation de classe, mais de valeurs universelles fondées en raison.

 

 

 Le socialisme n’est pas la simple expression politique d’une classe ou d’un front de classes. Il est le parti de la justice. Il s’ensuit qu’il ne saurait pratiquer la religion des moyens. Il doit se concentrer sur les fins pour ensuite définir les meilleurs moyens d’action. La religion des moyens, c’est la sacralisation des instruments hérités du passé,nés de la lutte des classes et du combat des gauches : un État fort, une école centralisée, un statut rigide pour les fonctionnaires, un mépris pour les déficits, des protections toujours plus rigides en faveur des salariés en place, des entreprises publiques qu’on décrète intangibles (mais qu’on privatise néanmoins une fois au pouvoir : toujours le molletisme). Or ces outils classiques du keynésianisme et du jacobinisme ne marchent plus, pour l’essentiel. Ils échouent, en tout cas, à réduire le chômage de masse, à maintenir les protections sociales et à assurer l’égalité des chances. Ils doivent être réformés.

 

 

Une politique sociale qui réussit en usant de nouveaux instruments est-elle plus à droite qu’une autre qui échoue en s’en tenant aux moyens orthodoxes? Si la baisse du chômage passe par une réforme du marché du travail et un encouragement de l’entreprise, faut-il s’en priver parce que ces moyens d’action ne figurent pas dans l’arsenal habituel des socialistes? Si la réussite scolaire des enfants les plus défavorisés passe par une évaluation des établissements, un renforcement des responsabilités des chefs d’établissement et une différenciation plus grande des salaires des professeurs, faut-il condamner ces moyens d’action pour hérésie antisocialiste ?

 

   

Les socialistes sont internationalistes. Mais quand on leur parle de leurs camarades de l’Internationale socialiste, ils n’ont que méfiance, distance et jactance. Mentionne-t-on Blair qui a obtenu des résultats en matière de chômage ? C’est un émule de Thatcher. Les Scandinaves qui maintiennent depuis longtemps la prospérité et l’égalité dans leurs sociétés ? Leurs méthodes sont inapplicables en France, leurs pays sont tout petits, ils sont tristes et disciplinés, ils sont protestants, etc. Les Espagnols qui ont fait progresser leur pays à pas de géant vers la modernisation ? Ils sont horriblement droitiers et d’ailleurs tout ne va pas bien en Espagne (il est vrai que la France est un paradis…) ! Le reste à l’avenant.

 

 

 

Alors que les expériences des sociaux-démocrates européens, confrontés eux aussi à l’obsolescence des moyens classiques du socialisme et aux contraintes de la mondialisation, est évidemment précieuse. Mais on n’en parle pas, sinon pour condamner non la pratique mais les programmes et l’idéologie des sociaux-démocrates d’Europe. Singulier aveuglement. Les solutions des socialistes étrangers marchent en pratique mais elles échouent en théorie : il faut donc les rejeter.

 

 

 

En un mot, les socialistes français doivent ouvrir les yeux. Leur théorie est admirable mais dépassée, leur pratique honorable mais insuffisante. Débat théorique et travail sur les expériences étrangères : ces vieilles méthodes jadis utilisées dans l’Internationale de Jaurès sont les seules qui ouvrent la voie de l’avenir.

 

 

Par Le socialiste eNGagé
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Vendredi 5 octobre 2007

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Pour Patrick Weil, directeur de recherches au CNRS, les socialistes, plutôt que d’être figés sur leurs traditions, de rechercher le consensus à tout prix ou bien encore d’adhérer en partie au discours de l’adversaire, devraient rester fidèles à leurs valeurs, mais en les confrontant aux problèmes les plus actuels.

  

Le Parti socialiste peut-il encore servir à quelque chose ? Je vais essayer de répondre à cette question sous un angle particulier, à partir des sujets sur lesquels j’ai effectué des recherches depuis quelques années.

  

Force centrale incontestée de la gauche, gagnant des élections locales et européennes, il a perdu les trois dernières élections présidentielles. Certes, depuis 1984, comme l’a montré le politiste Pierre Martin,le Parti socialiste inscrit son action dans une gauche structurellement minoritaire (45/55) qui ne gagne une élection nationale que face à une droite sortante et impopulaire: en 1988 avec François Mitterrand et en 1997 avec Lionel Jospin. Comment expliquer ces échecs successifs ?

 

Depuis quelques années, les dirigeants du Parti socialiste semblent se contenter de marquer – entre eux – leur différence de trois façons :

  

  • Primaire : en affirmant la valeur de la tradition, traduite dans des propositions (droit au logement ou à l’emploi pour tous, haut smic et défense du service public) qui paraissent de moins en moins crédibles dans le contexte de la mondialisation.

 

  • Binaire : en adhérant au discours de l’adversaire : « Je suis de gauche, mais je suis d’accord avec la droite. » Cette approche n’est pas réservée à la période actuelle (en matière d’immigration ou de sécurité). En faisant adopter les réformes de la concordance des mandats présidentiel et parlementaire puis de l’inversion des élections, Lionel Jospin a d’abord rompu avec la tradition de la gauche, opposée à l’excessive concentration des pouvoirs, et avec sa propre pratique, collégiale et très innovante de chef de gouvernement ; il a ainsi rendu illisible sa candidature à la présidence, ce qui a contribué à sa défaite de 2002.

 

  • Insipide et inaudible: en cherchant à ne déplaire à aucun courant, aucun syndicat, aucune association, quitte à produire des synthèses fades et sans clivage. On colle aux lobbies et aux sondages d’opinion.

  

Un exemple absurde: le PS défend la baisse de la TVA sur la restauration. Pourquoi? Y a-t-il beaucoup de restaurateurs de gauche? Que vont-ils faire de l’argent ainsi récupéré: baisser les prix, augmenter les emplois ou plutôt augmenter leurs recettes ? Qui paye cette TVA? Les Français qui ont les moyens d’aller au restaurant et aussi beaucoup d’étrangers, car la France est le plus grand pays touristique au monde. Et que dépensent les 80millions de touristes en priorité : hôtellerie et restauration.

  
Donc, le PS défend une baisse des recettes de TVA, payée notamment par des étrangers, qu’il faudra compenser par une hausse des impôts que paieront les Français les plus modestes qui ne vont pas au restaurant… Il faut de temps en temps un peu de courage et de cohérence. Ce ne sont pas les valeurs de la gauche qui sont déclinantes – le triptyque républicain : égalité, liberté, fraternité, auquel il faut ajouter la laïcité. Ce qui lui manque, c’est la capacité à retravailler les propositions crédibles qui en découlent dans ce contexte de mondialisation qui brouille les perspectives d’avenir de nos compatriotes. Il faut aussi construire des terrains de clivage où mettre l’adversaire politique en minorité. Ce que fait remarquablement bien Nicolas Sarkozy en choisissant les terrains contestables mais ô combien efficaces des délinquants, des immigrés ou des « feignants ». Aucun terrain n’est à négliger, soit pour contrer, soit pour porter une attaque. Je voudrais en prendre deux; d’abord celui des quotas d’immigration.

 

Comment le PS peut-il hésiter à y être opposé? Par origine ethnique ou pour limiter le droit à une vie familiale normale, ils sont contraires aux principes fondamentaux de notre Constitution et aux traités et conventions européens. Professionnels, ils sont toujours dépassés, car leur annonce publique sur les ondes du monde entier fait exploser l’immigration irrégulière comme le montrent les grands pays qui les pratiquent: États-Unis, Italie et Espagne. Prenons l’égalité dans le système scolaire: la carte scolaire est un système juste mais de moins en moins populaire n o t a m m e n t parce qu’il existe des inégalités entre lycées dans l’accès aux formations d’élite. Mais faut-il la supprimer pour aboutir à une ségrégation entre lycées riches et pauvres sur le modèle américain?

 

Des États-Unis justement, j’ai ramené l’idée d’une nouvelle approche qui permettrait aux 10% des meilleurs élèves de chaque lycée de France d’accéder s’ils le souhaitent aux classes préparatoires aux grandes écoles, aux IEP de Paris et de province, aux IUT, bref à tous les cycles qui sélectionnent à l’entrée. 50 % des places de ces cycles seraient ainsi attribuées, les autres continuant de l’être par dossier ou examen. Ce système s’adresse à tous les lycéens de métropole et outre-mer, à la différence des quelques expériences développées dans des établissements parisiens qui ne concernent que 2% ou 3% des lycées du pays. Ainsi aucun parent n’aurait plus intérêt à changer son enfant de lycée; ce système s’est développé au Texas, à l’initiative des démocrates, pour l’accès à la très sélective université d’État et il y produit de très bons résultats.

 

Au départ, cette idée a été reprise par le groupe socialiste à l’Assemblée nationale ; puis elle a été abandonnée en rase campagne, sous la probable pression de quelques présidents d’universités craignant à tort pour la qualité de leur recrutement. Du coup elle a été reprise par François Bayrou et même – après avoir été vidée en partie de son contenu – par Nicolas Sarkozy.

 

Tout cela est-il si difficile à expliquer aux citoyens? Dans chaque domaine, il y a place pour des propositions qui sont à la fois des réponses aux nouveaux problèmes qui se posent, en adéquation aux valeurs de la gauche, mais capables de rassembler au-delà. Mais il faut du travail, de la cohérence, et un peu de courage. C’est le conseil que je donne aux socialistes.

 

 

Patrick Weil

Directeur de recherches au CNRS

 

Par Le socialiste eNGagé
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Samedi 13 octobre 2007

 
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Pour Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, première organisation syndicale chez les enseignants et dans la fonction publique d’État, une véritable réforme des services publics ne sera possible que si l’on y associe pleinement les fonctionnaires, en prenant en compte leurs questionnements sur les défis auxquels ils sont confrontés et les évolutions qu’ils estiment nécessaires.
 

Dans le dictionnaire contemporain des idées reçues de la vie sociale, un terme est paré de toutes les vertus, celui de «réforme». Avec d’un côté les «bons», ceux qui veulent faire bouger les choses dans l’intérêt général,et puis les autres, les indécrottables défenseurs du statu quo – et de leurs petits privilèges. Ainsi, à chaque occasion, à chaque conflit, les commentateurs éclairés de disserter doctement sur l’impossibilité de réformer enfin ces services publics français si réfractaires à tout changement, avec leurs agents aux statuts toujours «rigides» et «dépassés» et leurs syndicats évidemment «corporatistes».
 

Force est de constater que ce discours n’est pas l’apanage des seuls «libéraux». Cette axiomatique a pour premier défaut d’oublier des pans entiers de la réalité. Elle oublie que les usagers, et plus généralement les Français lorsqu’on les interroge sur les services publics et/ou la fonction publique,émettent des avis positifs à des taux susceptibles de faire pâlir d’envie les politiques les mieux cotés : seraient-ils eux aussi immobiles ou corporatistes?
 

En fait,les services publics ont beaucoup bougé et dans le sens d’une meilleure réponse à leurs besoins et d’une adaptation à notre société. Cela ne signifie en rien que tout va bien. Nombre de problèmes ont pris une ampleur insupportable.Nos services publics peinent de plus en plus à assurer partout une égalité effective dans l’accès au droit ;c’est particulièrement évident en matière d’éducation, où le niveau général de formation s’est élevé, où l’échec a reculé mais où les phénomènes d’exclusion sont en train de s’ossifier.
 

Mais – et c’est le second oubli – les fonctionnaires portent à bout de bras la survie du service public dans des quartiers en perdition,ils refusent de se résigner à la ségrégation sociale, traduisent par leur engagement quotidien leur conviction de la nécessité des services publics pour garantir la démocratie et les solidarités ; ils portent des propositions et des revendications. Croit-on que si les pratiques n’avaient pas profondément évolué,l’on aurait en une dizaine d’années doublée la part d’une classe d’âge qui accède au baccalauréat? Croiton que l’évolution des qualifications réellement détenues par les fonctionnaires soit sans effet sur la conception qu’ils ont de leurs métiers, sur leurs aspirations ? Tout simplement parce que si on s’engage dans un métier, il est difficile de supporter de mal le faire.D’où viennent alors problèmes et conflits ?
 

Depuis des années, de gouvernement en gouvernement, qu’ils soient de gauche ou de droite, on ne conçoit l’idée de réforme que comme un moyen de réduire des dépenses publiques jugées a priori insupportables. Cet a priori n’est pas seulement source de conflits immédiats avec les personnels et les usagers ; il est contradictoire avec les exigences même d’une véritable démarche de réforme.
 

Et il s’accompagne d’une vision étriquée de la réforme, où la complexité des situations, la diversité des besoins sont niées au nom d’un axiome jamais démontré:«On peut faire mieux avec moins»; le tout avec une vulgate: déconcentrer, autonomiser, rationaliser, regrouper, mieux piloter, mieux gérer les ressources humaines, individualiser…
 

Certes, ces notions ont leur importance et leur intérêt, mais il ne faut pas confondre la fin et les moyens.On peut considérer par exemple a priori que plus d’autonomie permet une meilleure réponse aux besoins du terrain, mais comment ne pas se préoccuper des risques d’accroissement des inégalités qui aujourd’hui gangrènent notre société? Comment ignorer les phénomènes de concurrence que peut générer une certaine autonomie ? Évidemment, on peut penser que n’avoir plus qu’un seul interlocuteur peut être un avantage pour les usagers des services fiscaux, mais l’usager y gagnera-t-il si les agents y perdent en professionnalité et en compétence? Certes, on peut se dire que pour le chômeur, avoir un guichet unique est un avantage, mais si l’intérêt de l’organisme chargé de l’indemnisation prend le pas sur les missions d’intérêt général d’un service public de l’emploi, quelles seront les conséquences pour ce même chômeur?
 

Ces impasses expliquent sans nul doute la pauvreté de toutes les stratégies dites de réforme sur des éléments essentiels pour vraiment faire bouger les choses dans l’intérêt de tous. Ainsi, la qualification et la formation des personnels et leur rémunération sont trop souvent laissées en l’état alors que ce sont des facteurs fondamentaux des évolutions nécessaires; ainsi, on ignore la richesse des métiers, les tensions qui les traversent et la possibilité de les faire évoluer ; ainsi, on continue à prétendre promouvoir la concurrence entre les agents alors qu’aujourd’hui la plupart des métiers nécessitent de plus en plus d’échange et de travail collectif. En disant cela, je pense tracer en creux quelques axes pour une véritable démarche de transformation.
 

Et j’invite chacun à bannir un a priori :celui qui consiste à considérer les fonctionnaires – mais aussi les usagers pris pour masse de manoeuvre – comme d’éternels mineurs incapables de percevoir les enjeux de notre temps ; le seul problème serait de trouver la pédagogie qui permettrait de faire passer une réforme conçue pour eux par des responsables auto-investis du droit de savoir mieux que les autres ce qui est bon pour les services publics et leurs agents. C’est un contresens que de ne pas s’appuyer sur ce qu’ils sont dans toute leur réalité et leurs aspirations, et de rejeter dans le camp du refus ceux qui simplement veulent que la réforme ne se réduise pas à ce que d’autres ont pensé pour eux.
 

Pour peu que l’on en ait la volonté, sont possibles de véritables transformations qui répondent aux attentes des usagers et aux besoins de notre société : elles correspondent aux aspirations des fonctionnaires.
 

Gérard Aschieri
secrétaire général de la FSU
 
 

Par Le socialiste eNGagé
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Mardi 16 octobre 2007

 
 
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Liem Hoang Ngoc, délégué national à la fiscalité, sur Challenge.fr, parle du rapport de la Commsison Attali.
 
 
La commission Attali sur la croissance rend cet après-midi un premier rapport d’étape sur le pouvoir d’achat. Parmi les principales mesures: accroitre la concurrence dans la distribution (abrogation des lois Galland et Royer-Raffarin), ou autoriser les actions de groupe pour les consommateurs. Quelle est votre réaction sur le sujet ?
 
 
Mon sentiment, c’est que ce rapport, tout comme celui du Conseil d’analyse économique [qui doit être remis au Premier ministre vendredi, ndlr], tourne autour du pot.
 
 
Ces rapports n’abordent que partiellement la question des freins à la croissance, puisqu’ils ne pointent que des sujets marginaux.
 
 
La grande distribution bénéficie d’une rente de monopole dont les ménages subissent les retombées, certes. Mais le principal frein à la croissance reste l’investissement des entreprises.
 
 
Rien n’est dit sur les grandes entreprises qui ne subissent plus aucune contrainte d’offre mais ne dépensent pas pour autant en matière d’investissement, notamment dans les domaines innovants. Ce qui plombe les carnets de commandes des PME.
 
 
Le premier problème est donc un problème de politique industrielle, et n’est pas posé dans ce rapport.
 
 
Deuxième constat: si la consommation est le principal moteur de la croissance, le pouvoir d’achat des catégories qui ont la plus forte propension à dépenser -à savoir la moitié des ménages, qui gagnent mois de 1.480 euros, le salaire médian- est plombé par le prix du logement certes, mais surtout par la modération salariale de ces dernières années.
 
 
A l’inverse, un des effets de la politique fiscale actuellement menée est la contribution au gonflement de la bulle immobilière.
 
 
 
L’ancien conseiller de François Mitterrand préconise aussi d’améliorer l’accès au logement, notamment grâce à la construction de 500.000 nouveaux logements par an, ou la création de 10 éco-polis d’ici 2012…
 
 
Il faudrait peut-être commercer par faire appliquer la loi SRU [loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains, qui contraint les agglomérations de plus de 50.000 habitants à un minimum de 20% de logements sociaux, ndlr]. Le problème ici est celui du logement des catégories modestes.
 
 
Encore une fois, ceci n’est que marginal par rapport au cœur du problème, qui lui n’est pas abordé.
Même si la création de ces villes nouvelles écologiques permet toujours des grands travaux et donc de tirer le bassin d’emploi dans les villes concernées.
 
 
 
Certains dénoncent un énième rapport sur le sujet, d’autres ironisent déjà sur des propositions irréalistes et, surtout, craignent le retour d’un libéralisme à tout va. Abondez-vous dans le sens de ces critiques ? Et quelles seraient alors vos propositions ?
 
 
Oui, ce rapport n’aborde pas le vrai problème qui est un problème pointé par les économistes keynésiens, à savoir un problème d’investissement.
 
 
Or on ne le réglera pas par ce que les libéraux appellent une politique de l’offre, qui accroît le profit et la rente.
Le modèle de la gouvernance anglo-saxonne a failli et il va falloir en tirer la leçon. Les investisseurs sont rivés sur le court-terme et obéissent à une logique de gain pour les actionnaires.
 
 
Il faut maintenant que la politique industrielle reprenne ses droits.
 
 
Les 15 milliards d’euros consacrés au paquet fiscal auraient pu servir à autre chose. Pour ordre de grandeur, les pôles de compétitivité ont coûté 1 milliard seulement et l’Agence de l’innovation 100 millions.
 
 
De plus, les 5 milliards concentrés sur les bas-salaires n’ont créé que 200.000 emplois, à cause de l’effet de trappe à bas-salaire [un patron, qui bénéficie d’un allègement des charges au niveau du Smic, devient de moins en moins incité à augmenter les salaires, ndlr].
 
 
Il ne faut donc pas s’étonner que le pays soit à la traîne de l’Europe en termes de croissance depuis une quinzaine d’années.
 
 

Par Le socialiste eNGagé
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Samedi 20 octobre 2007

 
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Dans le cadre de la rénovation du Parti, les socialistes français souhaitent ouvrir leurs réflexions aux expériences de leurs homologues européens. 
 
 
Les 11, 12 et 13 octobre, une mission s’est rendue en Allemagne pour mieux comprendre la situation du pays et confronter ses difficultés à celles de son voisin. Alors que le Parti social-démocrate allemand (SPD) connaît aussi une phase d’interrogations et de doutes, cette rencontre a permis de souligner l’importance du rapport à la mondialisation dans la refonte du socialisme européen.
 
 


La démarche des socialistes français ne vise pas à rapporter d’Allemagne des solutions toutes faites pour rénover le Parti socialiste. Il s’agit avant tout de partager des points de vue sur les difficultés que rencontrent la France et l’Allemagne. Et de soulever des questions communes aux deux pays, tout en observant avec attention les pistes de réponses possibles. Une démarche déjà entreprise en Suède, et renouvelée début octobre à Berlin.
 
 

Les socialistes Harlem Désir, Élisabeth Guigou, Henri Weber, Laurent Baumel et Monique Saliou étaient du déplacement. Devant les universitaires, les députés et responsables du SPD, et les syndicats, ils se sont interrogés sur la crise de la social-démocratie allemande, et sur sa capacité à répondre aux nouveaux défis nés de la mondialisation.
 
 

Un contexte encore marqué par la réunification
Ce dialogue a d’abord été un éclairage sur la situation actuelle de l’Allemagne. Tous les interlocuteurs ont fait référence à la réunification. Le contexte économique, social et politique allemand reste profondément marqué par la séparation historique entre l’Est et l’Ouest. Le revenu moyen allemand est au plus bas depuis près de vingt ans. Une donnée difficile à comprendre sans savoir, par exemple, que les salaires sont inférieurs de près de 30 % à l’Est. En 2005, le chômage touchait 12 % de la population : 8 % à l’Ouest, 16 % à l’Est.
 
 
Malgré tout, la croissance allemande a fait un bond en 2006 pour s’établir à 2,7 %, et le chômage tourne aujourd’hui autour de 9 %.
 
 
Il existe aussi une nette différenciation entre les secteurs d’activité. L’industrie reste le fleuron de l’économie allemande. Elle représente 25,4 % du PIB national contre 14,4 % en France. Une dynamique qui vaut à l’Allemagne d’être le premier exportateur de biens. « Les entreprises ont compris depuis longtemps qu’elles devaient investir dans la recherche, pour avoir deux ans d’avance sur les Chinois », explique Mathieu Pouydesseau, secrétaire de la section socialiste française de Berlin. En revanche, les services peinent à décoller. Et les salaires y sont dramatiquement bas. Une coiffeuse, par exemple, est payée entre deux et trois euros de l’heure. Un constat amer pour un pays moderne.
 
 

Le SPD s’interroge sur son identité
Politiquement, la situation allemande connaît des changements d’envergure. « Pour la première fois depuis 1948, le SPD est confronté à un autre parti de gauche », souligne Detlev Albers, membre du comité directeur du SPD. En 2004, l’ancien parti communiste de l’Est et des dissidents du SPD ont créé le parti Die Linke (La Gauche). Principale raison : l’opposition aux réformes entreprises par le gouvernement SPD-Verts de Gerhard Schröder dans le cadre de « l’agenda 2010 ».
 
 

Ces réformes concentrent aujourd’hui toute l’attention du SPD qui s’interroge sur leur efficacité. Le plan Hartz lancé en 2003 a laissé des traces persistantes au sein du Parti social-démocrate allemand. Voté sans concertation préalable avec les acteurs sociaux, il a notamment établi le passage brutal des indemnités chômage de 32 à 12 mois. Il s’agissait d’inciter au retour à l’emploi, en créant par ailleurs une agence fédérale pour l’emploi. Mais selon les observateurs nationaux, la baisse globale du chômage est davantage due à la reprise de la croissance qu’à la mise en œuvre de cette mesure. De plus, le chômage de longue durée et celui des plus de 55 ans restent dramatiquement élevés.
 
 

Aujourd’hui, le SPD fait partie du gouvernement de coalition avec le parti de droite CDU. Mais la création de Die Linke ainsi que le départ de plus de 150 000 adhérents obligent le SPD à une remise en question.
 
 
Le 26 octobre prochain, au congrès de Hambourg, le SPD présentera un nouveau programme fondamental. Ce programme n’est pas une critique acerbe de ce qui a été réalisé sous Schröder. Il s’agit avant tout de se repositionner dans le contexte de la mondialisation. Les sondages sont unanimes : la population réclame plus de justice sociale. Pour y répondre, le SPD propose de mettre en œuvre « un État providence prévoyant » pour prévenir les situations de détresse sociale plutôt que de les prendre en charge ensuite. 
 
 
Le nouveau programme met aussi en avant le concept de « bon travail » ou travail de qualité. L’emploi pour tous oui, mais pas à n’importe quel prix. Rémunération prenant en compte les tâches à accomplir, participation aux bénéfices de l’entreprise, opportunités d’évolution : le SPD souhaite clarifier son rapport au travail. Actuellement, les sociaux-démocrates demandent la mise en place d’un salaire minimum, mais la droite s’y oppose.
 
 

Un diagnostic commun
Si les contextes nationaux sont différents, les socialistes français et allemands ont toutefois en commun un certain nombre d’interrogations et de constats. Résoudre le problème de la durabilité du modèle social reste le principal défi. Individualisation des comportements, capitalisme financier, l’économie est dérégulée et ne profite pas à tous de la même façon. En 2004, 58 % des Français et près de 40 % des Allemands ressentaient ce phénomène comme une menace. Les socialistes voient dans l’Europe le meilleur vecteur pour contrôler la mondialisation. Le principe d’ « Europe sociale » est plus que jamais d’actualité.
 
 
Autre constat commun aux deux partis : l’électorat est volatile. Il n’y a plus de « base » acquise. Dans leur programme fondamental, les Allemands considèrent donc qu’il faut s’attacher à convaincre une « majorité solidaire ». Les partis doivent s’adresser à toute la population, et en particulier aux classes moyennes.
 
 
Par ailleurs, Français et Allemands s’interrogent sur la façon de gérer le vieillissement de la population et le problème concomitant des retraites. L’allongement de la durée de cotisation est une actualité brûlante. Ainsi, en Allemagne, l’âge de départ à la retraite va passer de 65 à 67 ans, entre 2012 et 2029.
 
 

Par Le socialiste eNGagé
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Mardi 23 octobre 2007

 

 

 

 

Jean-Christophe Cambadélis est député socialiste de Paris et membre du secrétariat national du Parti Socialiste. Je l'ai connu au Manifeste contre le Front National et j'ai côtoyé nombre de ses amis au MJS et au PS.

                                                                           

 

Il a publié hier sur son blog une lettre ouverte aux présidentiables socialistes que je trouve intéressante. Je vous laisse à votre tour vous faire un avis.

 

 

 
Ne transformez pas le congrès de refondation du PS en primaire des présidentielles ! Après « des sous entendus » à propos de la candidature possible du maire de paris à la présidentielle, au travers du poste de premier secrétaire lors du prochain congrès, après l’annonce d’un congrès préparant le retour de l’actuel premier secrétaire en vue de la même présidentielle; C’est aujourd’hui l’évocation -dans Libération- par notre ancienne candidate, d’un congrès où elle n’exclut pas de postuler à conduire le PS l’année prochaine. 

 

 

Je suis inquiet par cette tentation de transformer le congrès du PS en un congrès de pré-désignation à la présidentielle. 

 

 

La droite, malgré une semaine noire est à l’offensive. Il n’y a pas un domaine de notre vie, économique, sociale, culturelle, voire institutionnelle qui ne fasse l’objet d’une agression, d’une remise en cause, d’une attaque. Droit de grève rogné, syndicats bousculés, voire stigmatisés ou décrédibilisés, libertés écornées dans la justice, l’immigration ou simplement à la télé, pouvoir d’achat à la baisse, santé, sécurité sociale, retraites attaquées, sans évoquer le pouvoir absolu du Président : les nôtres souffrent ! 

 

 

Alors dans la rue ou lors des municipales, l’opposition de gauche a besoin de clarté, d’imagination et d’union. Comment pourrions-nous dans ces conditions présenter le visage désolant des querelles d’ambitions ? 

 

 

Notre parti est fragile, déclencher maintenant une querelle pour quatre ans engagerait le pronostique vital du P.S

 

 

Vous ne gagnerez rien à précipiter un combat incertain au dénouement lointain. Il est illusoire de trancher préventivement la crise de leadership, car les perdants d’un jour n’auront de cesse de prendre leur revanche. Tous les jours, Il vaut mieux rassembler plutôt qu'éliminer, lorsque l’on se fixe un jour de rassembler la France

 

 

Le rassemblement doit se faire par l’orientation et non par la désignation de l’un contre les autres. Car gagner dans ces conditions, c’est obligatoirement produire un régime intérieur du P.S visant à museler toute opposition. Le PS a besoin de respirer, d’ouvrir portes et fenêtres, de s’ouvrir aux autres, à la vie d’aujourd’hui. 

 

 

Nous avons besoin d’une orientation claire et cohérente. D’une gauche des temps modernes, d’un socialisme du réel. Et point de faux débats ou de postures pour se départager. Nous avons besoin de fixer la stratégie du parti : celle du parti de toute la gauche et non d’utiliser les alliances pour se départager. Nous avons besoin d’un collectif et surtout pas d’un despotisme plus ou moins bien éclairé.  Nous avons besoin d’une opposition de projet et pas d’une opposition tenaillée, "bringuebalée" par les débats de personnes.

 

 

Précipitez pas ! La querelle des présidentiables n’est qu’un substitut au renouveau de notre formation, il faut respecter le calendrier qui a été adopté, la désignation à la présidentielle n'aura lieu que dans trois ans. N’affaiblissez pas l’union déjà fragile des socialistes. Vous porteriez un coup majeur à la gauche à un moment où elle n’est pas au mieux de sa forme. 

 

 

Nul n’est illégitime, ni éliminé à priori de la présidentielle, il n’y aucune raison de se précipiter ! 

 

 

Travaillons ensemble à un congrès d’union, au congrès inaugurant un cours nouveau, c’est le meilleur service que nous pouvons nous rendre collectivement. 

 

 

 

Jean-Christophe Cambadélis

  

 

Par Le socialiste eNGagé
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Samedi 10 novembre 2007

  
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Pour l’historien Pascal Blanchard, l’occultation par le Parti socialiste du rôle historique de la gauche française dans le processus colonial pèse sur son approche de l’immigration et sur sa capacité à conceptualiser la diversité.
 
 
L’occultation du fait colonial est-elle une spécificité française ? La question vaut d’être posée. Deux pays éprouvent de ce point de vue une réelle difficulté à se pencher sur leur passé colonial: le Japon et la France. Tous les deux sont encore piégés par ce passé et connaissent des mémoires en conflit.  
 
 
À l’échelle de l’Europe, la plupart des nations ex-colonisatrices ont pourtant eu des réactions spécifiques, et elles ont, pour l’essentiel, mieux appréhendé que la France ce passé. Partout, les gauches européennes ont été partie prenante de ces prises de conscience, à l’exception de la France.
 
 
Au Japon comme en France, l’histoire coloniale renvoie à des enjeux politiques contemporains et à l’identité même de nos deux nations,à « l’identité nationale » en quelque sorte. Pour la France,c’est de toute évidence le rôle de la République qui est interpellé dans ce débat, et au Japon la place de l’empereur dans cette expansion ultramarine. Dans les deux pays, enfin, les différentes gauches n’arrivent pas à faire émerger une réflexion sur ce passé capable d’offrir une alternative à la pensée dominante et aux aveuglements du présent face au passé. Néanmoins,cinquante ans après la défaite de Diên Biên Phû et le début du conflit algérien, cette politique de la non-mémoire semble se fissurer. Le silence n’est plus possible; du moins cette absence de prise de parole commence à interroger l’opinion et en particulier les partis de gauche. Une page est sans doute aujourd’hui tournée(1), et depuis, la «mémoire coloniale» semble investir de toutes parts la société française et fait débat dans notre présent. Pour autant, l’enjeu politique n’est pas encore relayé avec force par les partis de gauche en France, comme si ce débat faisait « peur ».
 
 
De fait, l’histoire des socialistes français est intimement liée à la question coloniale, il faut une fois pour toute l’accepter.Elle fut clairement une idée de gauche à la fin du XIXe siècle, ce qui ne signifie pas que la droite monarchiste ou nationaliste n’y ait pas pensé antérieurement, mais l’engagement colonial de la IIIe, puis de la IVe République est une réalité qui s’inscrit aussi dans l’histoire de la gauche française, avec ses débats, ses oppositions, mais aussi ses engagements sans ambiguïté et ses égarements par rapport à ses valeurs les plus fondamentales.
 
 
Qu’on le veuille ou non, l’impérialisme et le colonialisme contemporains sont étroitement associés à l’histoire de notre République.L’école,l’armée et la colonie formaient les trois piliers de la IIIe République. Jules Ferry ne fut pas seulement l’homme de l’école, il fut aussi celui de la coloniale! La gauche doit assumer l’ambiguïté de cet engagement qui a perduré jusqu’à Guy Mollet. Elle doit aussi rappeler qu’au moment où Jules Ferry, à la Chambre des députés, en juillet 1885, affirmait: « Il faut le dire nettement: oui, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Comment justifier, sinon, notre présence aux colonies…», il a existé, au même moment, un autre élu de cette assemblée, et de gauche, Jules Maigne, pour lui couper la parole et lui rétorquer : « Vous osez dire cela dans le pays où ont été proclamés les droits de l’homme!» 
 
 
N’est-il pas temps, pour la gauche, et le Parti socialiste, de s’interroger sur le principe même de diversité et la manière dont elle appréhende la «différence»? On ne peut faire l’économie des questions propres au colonialisme et se pencher sur la question de la diversité en occultant les questions du passé. Nous ne pouvons vivre sans héritage, nous le savons, mais forts des combats menés par nos aïeux, il nous faut aussi savoir être critique là où des engagements sont paradoxaux face aux valeurs que nous défendions, ici, en métropole. 
 
 
À cet égard, nous sommes les héritiers des regards d’hier. Certains, au sein de la gauche socialiste, ont ouvert ce débat depuis une dizaine d’années, sans pour autant être suffisamment relayés à l’intérieur du parti. On pense à Pierre Joxe qui, en 1998, écrivait : «Il y a encore chez nous l’habitude d’avoir des sujets, de coexister avec des individus de statut inférieur, de faire travailler à notre profit des hommes n’ayant pas tous les droits de l’homme et encore moins ceux de citoyens. (…) D’une certaine façon, il manque à la France une prise de conscience sur les crimes commis en son nom durant la période coloniale et durant la décolonisation(2). » 
 
 
Pour en sortir, poursuivait-il, il faut faire appel à une « culture historique, qui existe chez une fraction de la gauche et de l’intelligentsia,mais qui n’a pas été présente dans le débat politique, qui a été occultée, alors qu’elle serait nécessaire pour comprendre certaines difficultés actuelles ».
 
 
Dans ce contexte, comment la complexité de l’histoire de l’immigration et de notre passé colonial peut-elle être intégrée à notre héritage commun? En refusant de construire le musée de l’immigration, il y a quelques années, le gouvernement de Lionel Jospin a démontré l’incapacité de la gauche à apporter une réponse concrète à une demande sociale simple de reconnaissance d’une histoire «commune ».En quoi construire un lieu de savoirs aurait-il été en contradiction avec le message de la gauche ? La gauche française a sans doute manqué l’occasion de réfléchir sur un discours cohérent face à l’immigration. D’ailleurs, la droite en 2002, a su s’emparer d’une telle question. À un niveau similaire, la gauche, après des années dans l’action gouvernementale,n’a pu mettre en oeuvre un véritable projet pour bâtir un lieu de savoirs sur la colonisation, l’esclavage et les outre-mers. Ces deux espaces de «savoirs» et de connaissance auraient pu être de véritables projets « forts » de la gauche au pouvoir ; au lieu de cela, elle ne laisse que l’héritage des commémorations de l’esclavage, de la traite et des abolitions comme traces de son action gouvernementale.
 
 
Pascal Blanchard
,
historien, spécialiste de l’histoire coloniale, 
président de l’Association pour la connaissance de l’histoire de l’Afrique contemporaine (ACHAC),
coauteur notamment de Lyon,capitale des outre-mers (éd. La découverte,2007) 
et de La colonisation française (éd. Milan, 2007)

  
 
 
(1) Sans doute liée au travail des historiens, aux commémorations engagées depuis 1998 sur la traite et les abolitions de l’esclavage, aux demandes sociales d’une mémoire apaisée et aux dérapages de deux articles de la loi du 23 février 2005 sur la «colonisation positive ».
 
  
(2) Pierre Joxe, À propos de la France. Itinéraires 1 (éd.Flammarion,1998).

Par Le socialiste eNGagé
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Mardi 20 novembre 2007

 
 
 
 
Pour le philosophe Alain Renaut, il serait temps que les socialistes français, au lieu d’alimenter la confusion entre néolibéralisme et libéralisme, assument une conception libérale de la liberté qui passe par une plus grande autonomie de la société, et donc la limitation du rôle de l’État.

 
 
Même une fois débarrassé de ses vieux démons, le socialisme français peine à se situer par rapport aux valeurs qui sont, ailleurs, celles du libéralisme politique. Raison pour laquelle le discours socialiste, depuis qu’il ne peut plus puiser dans l’héritage du marxisme de quoi nourrir son identité distinctive, s’est empressé d’exploiter la naissance du courant néolibéral pour entretenir la confusion entre libéralisme et néolibéralisme.
 
 
Une confusion qui lui épargne d’avoir à se situer vraiment par rapport aux principes (y compris dans leur reformulation contemporaine) du libéralisme politique. Y parvenir exigerait que nous surmontions publiquement la confusion absurde de la conception libérale de la liberté politique avec la conception néolibérale, de façon à identifier avec netteté l’adversaire et à l’affronter avec plus d’efficacité. Après quoi il faudra déterminer si l’exigence de justice sociale est ou non une valeur distinctive du socialisme. Question à laquelle il faut répondre pour partie négativement, pour partie positivement.
 
 
La réponse négative prend en compte l’histoire du socialisme. Pendant plus d’un siècle, la gauche a été dominée par une version du socialisme privilégiant la conquête révolutionnaire du pouvoir sur la lutte contre les inégalités. Elle ne se renouvellera aujourd’hui qu’en assumant vraiment les conséquences de l’abandon de ce dogme, c’est-à-dire les conditions modernes de la liberté politique. À cette fin, elle ne doit plus se dire étrangère à une conception libérale de la liberté dont il lui faut enfin admettre qu’elle n’est pas séparable de l’idée démocratique et du concept même d’un État de droit.
 
 
La réponse positive est prospective. Il n’y a plus de sens aujourd’hui à soutenir que la droite serait axée sur la protection des libertés et qu’à la gauche seule serait échu le souci de la justice sociale. Il reviendra à la gauche, pour être de nouveau prise au sérieux, de démonter ellemême les éléments constitutifs de cette sottise qui porte encore la marque de la guerre froide. Plutôt que de continuer à croire qu’elle a le monopole de la lutte contre les inégalités, la gauche socialiste doit identifier les modalités distinctives de sa prise en compte de l’exigence de justice sociale – sans pour autant que ce caractère distinctif implique de sortir du cadre d’une conception libé-rale de la liberté. Une fois cette réflexion ouverte et substituée aux réflexes partisans, force sera d’admettre enfin que, dans l’offre politique des sociétés démocratiques, le modèle démocraticolibéral s’est dédoublé : à l’écart du schéma nord-américain où, en droit, l’État libéral représente un pôle de neutralité au-dessus des intérêts concurrents, l’Europe a inventé une nouvelle version du libéralisme, qui correspond à la social-démocratie. Là où les sociaux-démocrates conçurent l’accès au pouvoir, non par la violence révolutionnaire, mais par la conquête d’une majorité parlementaire, ils eurent l’occasion de réfléchir au pluralisme. Au-delà de la concurrence entre partis politiques, il leur est apparu signifier aussi qu’il existe, dans toute société, une pluralité d’intérêts en conflit. Plutôt que d’exercer un pouvoir total, le parti majoritaire doit donc voir sa domination limitée par les intérêts de la minorité, avec laquelle il lui faut trouver un compromis. Une telle conception du pouvoir équivalait à faire sien le principe même du libéralisme politique : celui d’une limitation du pouvoir de l’État par la reconnaissance d’une autonomie de la société.
 
 
Est-il possible aujourd’hui que nous assumions clairement ce principe et ses conséquences, en sorte que la conception libérale de la liberté vienne s’ancrer à gauche sous la forme d’une théorie et d’une pratique des limites de l’État ? Dans ce registre, il reste inquiétant que, sur un dossier comme celui de l’autonomie des universités, la gauche ait refusé, il y a quelques mois, un projet de loi dégageant notre enseignement supérieur d’une partie de sa tutelle étatique : elle a témoigné ainsi que sa représentation de l’État reste archaïque et que la confusion entre service public et service d’État continue de constituer pour elle une évidence. 
 
 
En ce sens, s’il devait y avoir quelque chose de juste dans la position qui appelle à sortir de la forme ancienne du clivage entre droite et gauche, ce serait sans doute dans la mesure où le socialisme, soulagé du poids que font peser sur lui les réflexes d’une certaine gauche trop confiante dans l’État, pourrait rejoindre un libéralisme lui-même débarrassé de l’image que lui a value son ancrage artificiel et polémique à droite. Le jour où la gauche ne s’identifiera plus à l’objectif d’accroître le rôle de l’État dans la vie économique et sociale, un grand pas sera fait vers une restructuration de notre conscience démocratique.
 
 
D’un tel pas, sommes-nous vraiment capables ? Si d’aventure on se prenait à douter que ce beau challenge puisse être relevé dans le cadre du socialisme, la tentation deviendrait grande, pour des sensibilités qui se sont toujours reconnues de gauche, de repartir désormais, non plus du socialisme pour lui faire intégrer la conception libérale de la liberté, mais du libéralisme lui-même pour lui faire intégrer dans la pratique ce que, à travers la philosophie politique, il a déjà depuis longtemps, de Raymond Aron à John Rawls ou à Amartya Sen, intégré dans la théorie – c’està- dire la part de vérité à reconnaître à l’exigence de justice sociale. Il serait navrant que la confusion mentale dans laquelle continuerait à se complaire le socialisme français ne laisse plus d’autre ressource.
 
 
Alain Renaut
philosophe, 
professeur à l’université de Paris IV Sorbonne.
 
 
Dernier ouvrage paru : Égalité et discriminations (Éd. du Seuil, 2007).

Par Le socialiste eNGagé
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Dimanche 25 novembre 2007

 

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Pour retrouver la confiance des classes populaires, le sociologue Patrick Pharo appelle la gauche a en finir avec les utopies révolutionnaires, sans pour autant succomber au libéralisme, et à restaurer la responsabilité publique, en se concentrant sur le maintien des « acquis de civilisation » qui apportent un soutien collectif aux individus les plus faibles.

 

 

Jeudi 18 octobre, jour de grève des transports, je décide, sur la foi des informations de la RATP, d’aller à pied jusqu’à la porte des Lilas pour prendre la ligne 11 et me rapprocher de la Sorbonne où je dois assister à un colloque. Mais en fait, la station est fermée et je me résous à faire du stop. L’homme qui me prend est né dans un village tranquille de l’Est de la France et vient d’être muté en région parisienne. Tout en suivant le GPS qui le guide vers le 3e arrondissement, nous engageons la conversation. Il se plaint de la banlieue dans laquelle son employeur lui a trouvé un logement : des dealers partout, du bruit la nuit, ses enfants qui ne dorment pas, les provocations lorsqu’il sort de chez lui. Je l’écoute et parle d’incivilités. Mais pour lui, c’est plus grave, c’est d’ailleurs pour ça qu’il a voté Sarkozy, pour le travail aussi : il a confiance, il pense que les choses finiront par rentrer dans l’ordre. Je lui dis que moi, j’ai voté Ségolène et je le mets en garde contre Sarkozy. Il répond que Ségolène est incompétente et, à propos de Sarkozy : « Si on n’a plus confiance en lui, en qui pourrait-on avoir confiance ? » Un détail important : les deux parents de cet homme étaient Maghrébins…

 

 

Question : pourquoi de larges parties des « classes laborieuses », y compris dans une de leurs composantes fondamentales, celle des personnes issues d’une immigration récente, se sont-elles détournées du PS lors des trois rendez- vous cruciaux de ces dernières années ? Une explication courante est que le PS n’était pas assez à Gauche sous le gouvernement Jospin, et même avant. Peut-être, mais encore faudrait-il savoir ce que c’est qu’être à Gauche au début du 3e millénaire. Une autre explication est que, dans leur fonctionnement médiatique moderne, les élections présidentielles peuvent se perdre ou se gagner en trois mois. Cela non plus n’est pas faux, mais la seule conséquence qu’on peut en tirer est qu’il faut une préparation soigneuse des campagnes électorales, ce qui, bien sûr, ne dispense pas de revoir le travail idéologique de fond qui aide à réussir ce genre de rendez-vous. Or, c’est là que les choses se compliquent, car l’idéologie de Gauche est devenue aujourd’hui un mélange de marxisme et de libéralisme de plus en plus confus, fragmentaire, introuvable, tandis qu’en face, on a su reconstruire une idéologie de droite fondée sur l’initiative et la responsabilité individuelle, l’enrichissement, la compétence, le patriotisme, la sécurité, l’autorité, sans oublier les vertus, comme par exemple le courage, la liberté et la franchise, incarnées par un président qui transforme toutes ses interventions publiques en leçons de morale. Et le comble, c’est que des thèmes qui semblaient spécifiques à la Gauche sont désormais promus par la droite : l’égalité pour les retraites, la solidarité pour certains minima sociaux, la sollicitude publique pour les handicapés ou les maladies graves, et même la résistance au despotisme lorsqu’on fait lire à l’école une lettre de Guy Môquet !

 

 

Faudrait-il en conclure qu’il n’y a plus d’opposition idéologique entre la droite et la Gauche ? Ce serait, je crois, une erreur, car il existe encore une différence profonde, non pas cependant sur les valeurs elles-mêmes, mais sur leur ordre pertinent ; par exemple sur la façon de répartir le coût du bien public – la particularité de la droite actuelle étant d’exonérer les classes riches au nom d’un hypothétique avantage économique pour tous.

 

 

Or, pour dire les choses en un mot et dans un langage nettement différent de celui de la nouvelle social-démocratie de Tony Blair, l’alternative ne peut reposer que sur un projet crédible de restauration de la responsabilité publique comme condition de la responsabilité individuelle – et non pas l’inverse. Ce qu’il faudrait, autrement dit, c’est chasser les vieilles lunes révolutionnaires, tout en conservant résolument le noyau moral du soutien collectif aux individus souffrants ou défaillants. Ce noyau moral est inhérent aux trois piliers de l’idéologie de gauche que furent historiquement l’émancipation, le progrès et la priorité aux plus faibles ; mais il perd tout attrait lorsqu’on se montre incapable de le rapporter aux éventualités très négatives du monde contemporain.

 

 

Il ne s’agit plus en effet aujourd’hui de « libérer les forces productives » ou d’abolir la domination « traditionnelle » sur la liberté sexuelle ou l’expression personnelle, mais de gérer des menaces mortelles liées à la dégradation de l’environnement naturel, l’accroissement de la dette publique, la prolifération des armes de destruction massive, les tensions intercommunautaires, la déshumanisation des entreprises ou l’atteinte aux libertés par les enregistrements électroniques et les pollutions médiatiques. Et, sauf à se résigner au passage durable des sociétés humaines par une case « chaos », le progrès ne peut plus concerner le pilotage centralisé de l’économie, ni la recherche d’un « autre monde » radicalement différent de celui-ci, mais seulement le maintien et le développement, dans un contexte foncièrement hostile, d’acquis de civilisation tels que la Sécurité Sociale, l’assurance vieillesse, l’égalité des soins médicaux, l’accueil des faibles, des parias et des étrangers et, bien sûr, la paix et la sécurité civile.

 

 

Il me semble que la Gauche a besoin de ce tournant réaliste pour pouvoir promettre de façon crédible les conditions minimales d’appartenance et de fonctionnement civique à tous ceux qui se sentent en exil dans leur propre cité, mais aussi pour imaginer une nouvelle démocratie sociale supposant, entre autres, des instances capables d’exercer un contrôle social sur les affaires courantes des quartiers ou des entreprises, une priorité affirmée pour les minorités stigmatisées, le tirage au sort des responsables chaque fois que c’est possible ou encore des forums participatifs sur les questions d’intérêt public.

  
 

 

Patrick Pharo
directeur de recherche au CNRS, 
professeur en sociologie morale à l’université Paris V Descartes. 
 
 
Dernier ouvrage paru : 
Raison et civilisation. 
Essai sur les chances de rationalisation morale de la société 
(éd. du Cerf, 2006)

 

 

 

Par Le socialiste eNGagé
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Lundi 26 novembre 2007
  
 

 
 
 

Il y a longtemps que les socialistes ont pris en compte l’existence du marché comme une réalité et reconnaissent clairement qu’il peut apporter une forme d’efficacité s’il est maîtrisé dans le cadre d’un projet politique.

 

 

Aujourd’hui,le capital circule partout à la recherche de la rentabilité et du profit maximal à court terme. Il met en concurrence, à son avantage, et à l’échelle mondiale,les différents systèmes fiscaux, sociaux, donc les systèmes politiques.

 

 

Nous sommes en présence non pas d’un marché en général, ni même d’un capitalisme en général,mais d’un capitalisme dominé par les marchés financiers,dans un espace mondialisé, que la financiarisation déshumanise. Il cherche à réduire le rôle du politique et de la démocratie. Constater cela, ce n’est pas mettre en cause le principe même du marché, mais la dictature des marchés financiers à l’égard des systèmes démocratiques.

 

 

Entre la soumission béate et la négation du marché, il y a la place pour notre combat politique : réguler, maîtriser, civiliser le marché par une politique de gauche, progressiste et démocratique ; déterminer le champ des services publics et des biens qui échappent à la logique du marché.

 

 

La France doit relever de nouveaux défis et nous, socialistes, devons l’y aider :

 

• la croissance que nous devons promouvoir par une politique économique,industrielle,sociale et fiscale doit être soucieuse sur le même plan du développement humain et des générations futures ;

 

• il nous faut réfléchir aux régulations nécessaires à mettre en place au niveau national, aux plans européen et mondial ;

 

• nous devons mener une réflexion claire sur ce qui est du ressort des services publics et sur ce qui est du ressort du secteur privé.

 

 

Des sujets essentiels sur lesquels nous avons le devoir de travailler et réfléchir ensemble. Rendez-vous le 15 décembre,pour le forum de la rénovation sur le socialisme et le marché !

 

 

Anne Hidalgo,

1ère adjointe du maire de Paris,

Secrétaire nationale à la culture,

Présidente du forum de la rénovation « les socialistes et le marché »

 

 


  
 
 
 
 

Inventeurs d'avenir n°2 : les socialistes et le marché
Vidéo envoyée par PartiSocialiste

 

 
 
 
 

 

 

La webTV du Parti Socialiste présente le second volet de ses émissions consacrées aux 3 forums de la rénovation. “Inventeurs d’avenir” se penche aujourd’hui sur les rapports entre les socialistes et le marché.

 

 

Ponctuée d’interviews (François Hollande, Pascal Lamy, et de nombreux économistes) et de reportages (la politique de l’entreprise équitable et solidaire Biocoop, la situation de l’entreprise Kleber, menacée de délocalisation à Toul), cette émission propose un débat entre responsables socialistes.

 

 

En première partie Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, et Karine Berger, économiste, s’intéressent aux politiques économiques de gauche.

 

 

Guillaume Bachelay, adjoint au Maire de Cléon et membre du bureau national du PS, et Harlem Désir, député européen, tirent, dans cette seconde partie, le bilan des conséquences de la mondialisation et émettent des premières pistes de réflexion.

 

 

Par Le socialiste eNGagé
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